Zone euro/PMI: Accélération surprise de l'activité économique en septembre
information fournie par Reuters 23/09/2026 à 10:39

Une chaîne de production de l'usine Corania, près de Marseille

L'activité économique en zone euro a accéléré ‌depuis le début du mois, à son rythme le plus rapide depuis plus de trois ans, alors que le ​consensus tablait sur un ralentissement, montre une enquête publiée mercredi qui signale toutefois une hausse marquée des coûts d'exploitation des entreprises.

L'indice préliminaire des directeurs d'achat (PMI) de la zone euro, compilé par S&P Global, a bondi à 53,1 en ​septembre, son plus haut niveau depuis avril 2023, après 52,0 en août.

Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un indice en décélération à ​51,7 pour ce mois-ci.

La barre des 50 sépare croissance ⁠et contraction de l'activité.

"Il n'est pas surprenant de constater une nouvelle hausse des pressions inflationnistes en septembre, ‌compte tenu de l'augmentation des prix de l'énergie liée au conflit en cours au Moyen-Orient. Il est donc d'autant plus encourageant de constater la résilience de la croissance économique", note ​Chris Williamson, chef économiste chez S&P Global.

Globalement, ‌les nouvelles commandes ont bondi à leur rythme le plus rapide depuis plus ⁠de quatre ans, soutenues par une nouvelle hausse des exportations, y compris les échanges intra-zone euro.

Les secteurs des services et de l'industrie manufacturière ont tous deux contribué à cette expansion. L'indice PMI des services a rebondi à ⁠53,0, contre 51,6 précédemment, atteignant ‌ainsi son plus haut niveau en près d'un an et dépassant largement le consensus ⁠qui était sur un chiffre à 51,5.

L'indice manufacturier, quant à lui, est resté stable, à 52,7, comme en août, ‌mais le sous-indice de la production - qui entre dans le calcul de l'indice PMI composite - ⁠a légèrement progressé à 53,4 contre 53,3.

Pour répondre à la hausse de la demande, ⁠les entreprises ont embauché ‌du personnel supplémentaire, mais ont dû faire face à une augmentation de leurs coûts de production en raison de ​la flambée des prix de l'énergie liée à la guerre ‌entre les Etats-Unis et l'Iran. Elles ont pu répercuter une partie de cette hausse sur leurs clients.

La Banque centrale européenne (BCE) a relevé ​au début du mois ses taux directeurs pour la deuxième fois depuis le début de l'année afin de freiner l'inflation alimentée par les prix de l'énergie et a averti que les tensions inflationnistes pourraient perdurer. ⁠Les marchés anticipent trois nouvelles hausses de taux de la BCE d'ici fin juin.

"La résilience de la croissance économique malgré les difficultés géopolitiques et la hausse des prix devrait inciter la BCE à relever à nouveau ses taux directeurs avant la fin de l'année, renforçant ainsi l'argument en faveur d'une hausse des taux plus tôt que prévu et rendant une hausse en octobre tout à fait envisageable", explique Chris Williamson.

(Rédigé par Jonathan Cable; version française ​Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)