Zone euro-La Commission européenne abaisse ses prévisions de croissance pour 2026 et 2027
information fournie par Reuters 21/05/2026 à 11:30

La Commission européenne a abaissé jeudi sa prévision de croissance économique pour 2026, citant le choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient, qui alimente l'inflation et pèse sur le sentiment économique.

L'exécutif européen prévoit désormais une croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro de 0,9% cette année, contre une précédente prévision établie en novembre de 1,2%. La prévision pour 2027 a également été revue à +1,2% contre +1,4% attendu auparavant.

Les perspectives d'inflation de la Commission européenne ont pour leur part été relevées, à 3% pour 2026 (contre 1,9% précédemment) et 2,3% en 2027 (contre 2,0%), confortant ainsi les anticipations d'une prochaine hausse des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne (BCE).

"Avant fin février 2026, l'économie de l'UE devait continuer de croître à un rythme modéré, parallèlement à une nouvelle baisse de l'inflation, mais les perspectives ont considérablement changé depuis le début du conflit", a expliqué l'exécutif européen dans un communiqué.

L'UE étant un importateur net d'énergie, l'économie du bloc se trouve très exposée au choc sur les prix de l'énergie provoquée par le conflit israélo-américain contre l'Iran.

La Commission européenne estime néanmoins que les investissements dans la diversification des approvisionnements, la décarbonation et la réduction de la consommation d'énergie devraient permettre à l'économie européenne d'être mieux placée pour gérer le choc actuel par rapport à la crise inflationniste de 2022 à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Selon l'exécutif européen, la consommation intérieure devrait rester le principal moteur de la croissance malgré la confiance amoindrie des consommateurs.

L'investissement des entreprises devrait être freiné par un resserrement des conditions de financement, une baisse des profits et une incertitude accrue tandis que la faiblesse de la demande extérieure pèserait sur la croissance des exportations.

La Commission européenne indique que le principal risque pesant sur ses prévisions réside dans la durée du conflit au Moyen-Orient.

Face à cette incertitude, elle a élaboré un scénario alternatif fondé sur une perturbation prolongée, dans lequel les prix de l'énergie atteindraient un pic fin 2026 et ne reviendraient que progressivement à leur niveau de référence d'ici fin 2027. Dans ce cas, l'inflation ne ralentirait pas et l'économie ne connaîtrait pas de rebond l'an prochain.

(Rédigé par Philip Blenkinsop, version française Blandine Hénault, édité par Benoit Van Overstraeten)