Zone euro: Certains signes laissent présager un risque d'inflation plus élevé qu'en 2022 information fournie par Reuters 03/06/2026 à 13:26
Rien ne garantit que l'impact inflationniste de la crise au Moyen-Orient sur la zone euro sera moins grave que celui qu'a connu le bloc en 2022, certaines conditions initiales laissant présager des risques plus importants, ont averti mercredi des économistes de la Banque centrale européenne (BCE) dans un billet de blog.
L'inflation dans la zone euro s'est accélérée en mai à 3,2%, la guerre en Iran ayant entraîné une forte hausse des cours de l'énergie, dont une partie se répercute désormais sur l'ensemble de l'économie via les services.
Les dernières données renforcent les arguments en faveur d'un relèvement des taux d'intérêt ce mois-ci, l'inflation restant bien au-dessus de la cible de 2% de Francfort, mais rares sont ceux qui s'attendent à un resserrement plus agressif à l'avenir, partant du principe que les conditions actuelles ne sont pas propices à une flambée des prix.
Si les auteurs du blog, parmi lesquels figure l'économiste Óscar Arce, directeur de la Direction générale des affaires économiques de la BCE, confirment cette hypothèse, ils soulignent également les caractéristiques particulières de cette crise, notamment en raison de son caractère mondial.
"Un certain nombre d'autres conditions initiales signalent des risques inflationnistes plus importants aujourd'hui qu'en 2022", affirment-ils dans l'article, qui ne reflète pas nécessairement l'opinion de la BCE.
D'une part, la hausse des prix touche principalement le pétrole, tandis que celle du gaz reste beaucoup plus modérée, ce qui contribue également à contenir les prix de l'électricité, parallèlement au développement de la production d'énergies renouvelables.
La demande des ménages est en outre plus faible, le marché du travail est moins dynamique et les politiques budgétaires et monétaires sont plus restrictives qu'au début du dernier choc, autant de facteurs limitant une accélération de l'inflation.
Cependant, la crise actuelle revêt un caractère plus global que celle de 2022, ce qui accroît le risque d'une forte amplification non linéaire, au cas où elle s'avérerait plus grave, plus étendue ou plus persistante que ce qui est actuellement prévu.
"Un choc mondial a des effets indirects plus importants sur l'inflation, car les pressions sur les coûts s'exercent de manière plus généralisée le long des chaînes de valeur mondiales", font valoir les économistes.
De plus, les ménages pourraient s'adapter plus rapidement à un contexte d'inflation plus élevée, compte tenu de leur expérience récente, et ce à un moment où les gouvernements disposent d'une marge de manoeuvre budgétaire plus réduite pour l'amortir.
(Reportage de Balazs Koranyi ; version française Diana Mandia ; édité par Benoit Van Overstraeten)