Yémen-Le chef des séparatistes a fui avec l'aide des Emirats, dit la coalition saoudienne
information fournie par Reuters 08/01/2026 à 11:20

(Actualisé avec déclarations des séparatistes et contexte)

par Hatem Maher, Jana Choukeir et Ahmed Elimam

Le chef des séparatistes yéménites du Conseil de transition du Sud (STC) soutenus par les Émirats arabes unis, Aïdarous al Zoubaïdi, a fui le Yémen par bateau avant de monter à bord d'un avion qui a ensuite atterri dans un aéroport militaire d'Abou Dhabi, a déclaré la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite.

Cette annonce marque une nouvelle aggravation des tensions entre l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, pays riches en pétrole et puissants rivaux régionaux, après qu'Aïdarous al Zoubaïdi ne s'est pas présenté mercredi à l'embarquement d'un avion devant l'emmener à Ryad pour un forum consacré à la situation dans le sud du Yémen.

Selon les séparatistes yéménites, on lui avait ordonné de se rendre en Arabie saoudite sous la menace.

Après des années de cohabitation, les séparatistes du sud du Yémen soutenus par les Emirats ont lancé une offensive en décembre et atteint la frontière avec l'Arabie saoudite.

Cette offensive a entraîné une rupture entre Ryad et Abou Dhabi, fracturant la coalition dirigée par le gouvernement internationalement reconnu du Yémen, qui lutte contre les Houthis soutenus par l'Iran.

Une délégation du STC d'Aïdarous al Zoubaïdi a eu des entretiens fructueux à Ryad avec l'ambassadeur saoudien au Yémen, a déclaré sur X Mohammed Al Ghaith, un haut responsable du groupe.

Ces déclarations suggèrent qu'une scission pourrait avoir lieu parmi les séparatistes, compliquant les efforts visant à stabiliser le sud alors que la tension monte entre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Dans un communiqué publié jeudi, la coalition saoudienne a indiqué qu'Aïdarous al Zoubaïdi avait quitté le Yémen à bord d'un navire à destination de la région sécessionniste du Somaliland avant d'embarquer à bord d'un avion pour Mogadiscio, la capitale de la Somalie.

Toujours selon la coalition, l'avion se trouvait "sous le contrôle d'officiers des Emirats arabes unis" et a attendu une heure avant de repartir à destination d'un aéroport militaire situé à Abou Dhabi.

ZOUBAÏDI ABSENT D'UN FORUM À RYAD MERCREDI

La présence d'Aïdarous al Zoubaïdi dans la capitale des Émirats arabes unis serait de nature à susciter la colère des Saoudiens, qui ont fait pression sur le pays pour qu'il refoule les séparatistes après leur avancée dans le sud du Yémen.

Les Émirats arabes unis, qui ont retiré leurs dernières forces du Yémen, ont appelé à une désescalade dans le pays, en proie à guerre civile qui se traduit par l'une des plus graves crises humanitaires au monde.

Les Émirats arabes unis et le STC n'ont pas fait de commentaires dans l'immédiat.

Selon la coalition saoudienne, l'avion d'Aïdarous al Zoubaïdi a éteint ses systèmes d'identification au-dessus du Golfe d'Oman avant de les rallumer 10 minutes avant son arrivée à l'aéroport militaire, à Abou Dhabi. Dans son communiqué, elle mentionne également le nom d'un officier des Émirats arabes unis dont le dirigeant du STC a sollicité l'aide.

Aïdarous al Zoubaïdi était attendu en Arabie saoudite mercredi pour participer à un forum consacré au sud du Yémen organisé dans le cadre d'efforts destinés à mettre fin aux affrontements qui ont éclaté en décembre entre le STC et le gouvernement yéménite.

Après l'absence inexpliquée d'Aïdarous al Zoubaïdi aux pourparlers de Ryad, son groupe a déclaré qu'il supervisait les opérations militaires et de sécurité dans la ville portuaire d'Aden, dans le sud du Yémen.

L'avion qui l'a transporté est d'un modèle similaire à ceux fréquemment utilisés dans les zones de conflit et dans des pays tels que l'Éthiopie, la Libye et la Somalie, selon la coalition saoudienne.

L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sont intervenus une première fois ensemble au Yémen en 2015 au sein d'une coalition formée pour soutenir les autorités internationalement reconnues après la prise de la capitale, Sanaa, par les rebelles Houthis alignés sur l'Iran, l'année précédente.

Formé en 2017 avec l'appui des Emirats, le STC a par la suite rejoint le gouvernement de coalition contrôlant le sud et l'est du Yémen.

(Version française Camille Raynaud et Benjamin Mallet)