Washington veut empêcher Téhéran de poser des mines dans le détroit d'Ormuz
information fournie par AFP 11/03/2026 à 02:39

Le président américain Donald Trump lors d'une conférence de presse à Miami, Etats-Unis le 9 mars 2026. ( AFP / SAUL LOEB )

Washington menace de lourdes "conséquences militaires" l'Iran, qu'il suspecte de vouloir miner le détroit d'Ormuz, axe stratégique pour le pétrole mondial.

Le président américain a affirmé mardi que l'Iran s'exposait à des "conséquences militaires (...) sans précédent" en cas de dépôt de mines dans le détroit d'Ormuz, de facto sous contrôle iranien.

Peu après, l'armée américaine a annoncé avoir détruit 16 bateaux poseurs de mines iraniens "près du détroit".

C'est par ce passage que transite, en temps de paix, un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié.

Le gouvernement américain est pressé de le rouvrir à la circulation maritime, dans l'espoir de calmer les prix du pétrole et son opinion publique, très sensible aux prix à la pompe.

"Le contrôle du détroit d'Ormuz a permis à l'Iran de peser sur les relations économiques internationales", ont salué les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique.

Après plusieurs jours de flambée - jusqu'à près de 120 dollars le baril lundi - les cours du pétrole ont chuté mardi et restaient très fluctuants mercredi, autour de 88 dollars pour le Brent.

Les opérateurs guettent une annonce de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Celle-ci s'apprête à proposer le plus important déblocage de réserves de pétrole de son histoire afin de faire baisser les prix du brut, selon le Wall Street Journal.

Des cambistes surveillent les taux de change tandis qu'un écran électronique affiche les indices boursiers de référence dans une salle des marchés des changes de la Hana Bank à Séoul, le 10 mars 2026 en Corée du Sud ( AFP / Jung Yeon-je )

C'est dans ce contexte que le président français Emmanuel Macron tiendra mercredi à 14H00 GMT, en visioconférence, une réunion des chefs d'Etat et du gouvernement du G7 sur "les conséquences économiques" de la guerre en Iran, notamment la "situation énergétique" et les "mesures pour les atténuer".

- "Quoi faire, où aller" -

Engagé dans le conflit depuis le 28 février au côté de Washington, Israël a essuyé des tirs de missiles depuis l'Iran dans la nuit de mardi à mercredi.

Israël a lui-même continué à frapper l'Iran et la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien.

Selon le gouvernement libanais, "près de 760.000 déplacés" ont été enregistrés depuis le 2 mars, début des combats entre Hezbollah et Israël.

A Téhéran, certaines déflagrations ont fait vibrer les vitres de l'appartement d'un journaliste de l'AFP habitant le nord de la ville.

Interrogée par l'AFP, une habitante de la capitale se rassurait un peu plus tôt en pensant que les bombardements "ne visent pas les immeubles ordinaires", mais plutôt "les commissariats, les mosquées, les sites militaires". "Mais imaginez: un commissariat est touché au bout de votre rue. Toutes vos fenêtres volent en éclats. C'est ce que beaucoup de gens ont vécu", a-t-elle décrit.

Depuis le début de la guerre, "je n'ai assisté à aucun rassemblement festif", a rapporté auprès de l'AFP Mohmmad Kabir Nazari, un Afghan de 48 ans rencontré à la frontière avec l'Iran, où il vient de travailler pendant onze mois.

"Les gens ne faisaient que s'interroger sur quoi faire, où aller", a-t-il ajouté.

- Salves vers le Golfe -

L'Iran refuse de se soumettre.

"L'agresseur doit être puni et recevoir une leçon qui le dissuadera d'attaquer l'Iran à nouveau", a lancé le président du Parlement iranien, l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'armée iranienne lance régulièrement des salves de missiles et de drones vers Israël et des pays voisins du Golfe, grands producteurs d'hydrocarbures abritant pour certains des bases américaines.

Les Emirats arabes unis faisaient face mercredi à une attaque de drones et de missiles venus d'Iran, a rapporté le ministère de la Défense à Dubaï.

Celui d'Arabie saoudite a fait état de l'interception de sept missiles balistiques tirés par l'Iran, dont six visant la base aérienne Prince Sultan qui abrite des militaires américains près de Ryad.

Les autorités à Téhéran ont désigné dimanche comme guide suprême l'ayatollah Mojtaba Khamenei, après la mort de son père dans des frappes israélo-américaines au premier jour de la guerre.

Mais l'héritier n'a toujours pas été vu. Sans donner de précisions, la télévision d'État a mentionné qu'il avait été "blessé" au cours du conflit.