Washington repart à l'offensive sur le commerce, Pékin s'offusque
information fournie par Reuters 13/03/2026 à 11:03

Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, à Bruxelles

Le cabinet du représentant au Commerce a annoncé ‌jeudi soir que 60 pays étaient visés par des enquêtes en lien avec le recours au travail forcé, marquant ​une nouvelle offensive de l'administration de Donald Trump envers ses partenaires commerciaux qui a suscité une vive réaction de Pékin.

Cette annonce intervient au lendemain du lancement d'une autre enquête portant pour celle-ci sur la surcapacité industrielle de 16 des plus ​importants partenaires commerciaux des Etats-Unis.

Fin février, la Cour suprême américaine a décidé d'invalider les vastes droits de douane dits "réciproques" du président américain Donald Trump, obligeant ​Washington à étudier de nouvelles options pour maintenir son offensive ⁠commerciale mondiale.

Dans la foulée de la décision de la plus haute juridiction américaine, le locataire de la Maison ‌blanche a instauré une surtaxe mondiale de 10% sur tous les produits importés, qu'il a très vite portée à 15%. Mais cette surtaxe s'applique seulement pour une durée de 150 jours.

Les ​nouvelles enquêtes commerciales menées par les Etats-Unis ‌interviennent alors que des discussions sur le commerce se tiendront de samedi à mardi ⁠à Paris entre le vice-Premier ministre chinois He Lifeng et des responsables américains dont le secrétaire au Trésor Scott Bessent et le représentant au Commerce Jamieson Greer.

Ces discussions doivent servir à préparer la visite de Donald Trump fin mars ⁠en Chine où le ‌locataire de la Maison blanche doit rencontrer son homologue chinois Xi Jinping.

Visée par les enquêtes américaines ⁠sur les surcapacités et le travail forcé, la Chine a menacé vendredi de contre-mesures afin de défendre ses intérêts.

Les ‌Etats-Unis n'ont pas le droit de déterminer "unilatéralement" si un partenaire commercial dispose de "surcapacités", a déclaré le ministère ⁠chinois du Commerce.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a par ailleurs ⁠nié vendredi les allégations de ‌travail forcé, les qualifiant de "mensonge inventé par les États-Unis".

L'UNION EUROPÉENNE AUSSI VISÉE

Les enquêtes menées en lien avec le recours au ​travail forcé "permettront de déterminer si des gouvernements étrangers ont pris ‌des mesures suffisantes pour interdire l'importation de biens produits en recourant au travail forcé, et comment l'inhabilité à éradiquer ces pratiques abjectes affecte les ​entreprises et les travailleurs américains", a indiqué le représentant au Commerce Jamieson Greer dans un communiqué.

Outre la Chine, certains des partenaires commerciaux les plus importants des Etats-Unis, comme l'Australie, le Canada, l'Union européenne, la Grande-Bretagne, Israël, l'Inde, ⁠le Qatar et l'Arabie saoudite font partie des pays visés par l'enquête. La Russie est également concernée.

Jamieson Greer a dit espérer conclure les enquêtes au titre de la Section 301 du Trade Act de 1974, qui a pour but de déterminer l'équité de pratiques commerciales à l'égard des compagnies américaine, avant que les droits de douane temporaires n'expirent au mois de juillet.

(Kanishka Singh; avec Ethan Wang, Yukun Zhang et Colleen Howe à Pékin, version française Camille Raynaud et ​Blandine Hénault, édité par Augustin Turpin)