Voitures électriques : les Norvégiens, sceptiques à l'égard des constructions chinoises, se méfient moins de Tesla d'Elon Musk information fournie par Boursorama avec Media Services 25/09/2026 à 14:22
En Norvège, les voitures électriques représentent aujourd'hui plus de 95% des nouvelles immatriculations.
Véritables "ordinateurs sur roues" à l'heure des inquiétudes liées aux collectes de données personnelles et à la cybersécurité, les voitures électriques de construction chinoise provoquent la méfiance en Norvège. Celles-ci y suscitent en effet un scepticisme croissant dans ce pays champion mondial du secteur, selon une enquête publiée ce vendredi 25 septembre par l'Association norvégienne des véhicules électriques. Parallèlement, leurs ventes y augmentent nettement . Le scepticisme à l'égard de l'américain Tesla, la marque d'Elon Musk, est, quant à lui, sensiblement retombé depuis un an, selon la même enquête réalisée du 31 mars au 3 mai auprès de près de 15.000 propriétaires d'une voiture électrique en Norvège.
Les voitures électriques représentent aujourd'hui plus de 95% des nouvelles immatriculations dans le pays scandinave, une part sans équivalent dans le monde. Près d'un tiers des répondants (31%) disent qu'ils éviteraient d'acheter une marque chinoise "pour des raisons politiques" - non spécifiées - contre 23% un an plus tôt. "Les voitures neuves sont, de facto, d es ordinateurs sur roues", a commenté Christina Bu, secrétaire générale de l'association, citée dans un communiqué.
"Avec l'attention croissante portée à la cybersécurité et à la protection des données personnelles, il est logique que de plus en plus de consommateurs s'interrogent sur l'origine des voitures et sur la manière dont les données sont traitées", a-t-elle ajouté. A l'issue de tests, des chercheurs norvégiens ont notamment constaté il y a quelques années qu'une voiture de marque NIO transmettait des données vers la Chine . D'autres tests menés sur un bus connecté du constructeur chinois Yutong ont montré que le fabricant disposait d'un accès numérique au système de contrôle du véhicule et pouvait, en théorie, l'arrêter ou le rendre inutilisable à distance.
L'engagement politique d'Elon Musk désormais moins visible
Quasi nulles en 2019, les ventes des marques chinoises (BYD, NIO, Dongfeng...) ou contrôlées par des groupes chinois (Volvo, Polestar...) ont pourtant sensiblement progressé en Norvège, représentant 25% du marché au premier semestre. "Cela montre que les consommateurs arbitrent entre plusieurs critères au moment d'acheter une voiture", a noté Christina Bu. "Pour certains, le prix et la technologie sont déterminants, tandis que d'autres sont davantage sensibles aux dilemmes éthiques ainsi qu'aux incertitudes liées au partage des données et à la sécurité", a-t-elle dit.
Le scepticisme envers Tesla a, quant à lui, reculé en un an : de 43%, la proportion de sceptiques à l'égard de la marque dirigée par Elon Musk, qui a multiplié les soutiens à des responsables d'extrême droite en Europe, est tombée à 24%. "L'an dernier, l'engagement politique d'Elon Musk était très visible et avait, assez naturellement, suscité de vives réactions", a estimé Christina Bu. "Cette année, le sujet a été moins présent, ce qui peut expliquer que moins de gens disent qu'ils n'achèteraient pas de Tesla", a-t-elle ajouté. Avec une part de marché de 17,3% depuis le début de l'année, Tesla est la marque la plus vendue en Norvège.