Voitures électriques : le secteur minier demande une préférence européenne pour le lithium des batteries information fournie par Boursorama avec Media Services 22/01/2026 à 10:04
Les industriels demandent qu'"au moins 20%" du lithium utilisé dans les batteries" soit "extrait, transformé ou retraité au sein de l'Union européenne".
Afin de favoriser "le développement d'une industrie européenne compétitive du lithium", les fabricants de batteries électriques devraient avoir l'obligation d'incorporer une part minimum de lithium européen, ont demandé une dizaine de dirigeants d'entreprises du secteur minier et industriel, comme Eramet, Imerys ou Orano.
Ces onze entreprises européennes ont demandé à la Commission européenne, dans un courrier consulté mercredi 22 janvier par l' AFP, une "exigence claire de contenu minimum d'origine locale" qui favoriserait "le développement d'une industrie européenne compétitive du lithium et des minéraux pour batteries" et dispositifs de stockage d'énergie. Ce courrier, daté du 19 janvier, est adressé, outre à la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, aux commissaires Stéphane Séjourné (Prospérité et stratégie industrielle), Teresa Ribera (Concurrence), Maros Sefcovic (Commerce), Wopke Hoekstra (Climat), Apostolos Tzitzikostas (Transports).
Les patrons d' Eramet, Imerys, Vulcan Energy Resources, Finnish Minerals Group, Electricité de Strasbourg, Orano, Savannah Resources, Sibanye-Stillwater, Lithium de France, Viridian Lithium et Rock Tech Lithium , demandent qu'"au moins 20%" du lithium utilisé dans les batteries" soit "extrait, transformé ou retraité au sein de l'Union européenne" à horizon 2031.
"Ambitieux, mais réalisable"
Une proportion qu'ils voudraient voir portée à 40% d'ici 2036. Des objectifs jugés "ambitieux, mais réalisables", et qui "tiennent compte des projections de l'offre et de la demande de l'UE".
Des projets existent, plus ou moins avancés, mais la production de lithium sur le sol européen n'est pas aujourd'hui substantielle. La mesure contribuerait selon eux à "consolider les investissements, stimuler la production nationale" ou favoriser le recyclage.
Le lithium, dont les principaux producteurs sont l'Australie, le Chili et la Chine , est un composant essentiel des dispositifs de stockages d'énergie et des batteries de véhicules électriques, identifiés comme des leviers de décarbonation de l'économie européenne pour lutter contre le réchauffement climatique.
"Actuellement, les acteurs de la chaîne de valeur des véhicules électriques n'ont aucune obligation d'approvisionnement local" et peuvent "réduire leurs coûts en s'approvisionnant en Chine" , relèvent encore les dirigeants.
Bruxelles prépare un plan pour favoriser la production "made in Europe" dans l'automobile et d'autres secteurs, mais son annonce a été plusieurs fois repoussée. Elle pourrait intervenir, selon un document de la Commission, le 25 février, mais il s'agit d'une date indicative seulement. Cette "préférence européenne", qui conditionnera les aides à l'achat et l'accès aux fonds publics, fait l'objet d'intenses débats entre les États membres. Défendue par la France, elle est combattue par l'Allemagne , qui redoute d'alourdir les coûts d'approvisionnement de ses constructeurs automobiles.