Vigilance rouge à l'ouest, la canicule s'installe dans la durée
information fournie par AFP 09/07/2026 à 17:01

Des pompiers luttent contre un incendie devant un camping à Villeneuve-lès-Béziers, le 9 juillet 2026 dans l'Hérault ( AFP / Gabriel BOUYS )

La canicule s'intensifie, avec un passage en vigilance rouge prévu vendredi pour neuf départements de l'Ouest, et va persister au moins jusqu'au 14 juillet dans tout le pays, où les feux de végétation se multiplient.

Météo-France place les Pays de la Loire et quatre départements voisins en alerte rouge à partir de vendredi midi, et 76 départements en orange contre 72 jeudi. Seuls la Corse, la Côte d'Azur et le nord de la France seront épargnés, ainsi que quelques départements de montagne.

Jeudi après-midi, la chaleur était particulièrement intense dans le Sud-Ouest et l'Ouest: avec 40°C à Perpignan, Narbonne ou Béziers, 38°C à Albi et Nantes, ou encore 36°C à Rennes, selon des relevés à 15H30, après une nuit peu reposante (30°C au Cap Béar dans les Pyrénées-Orientales ou 27°C à Nîmes).

Il s'agit du troisième épisode caniculaire en moins de deux mois, et Météo-France estime qu'il devrait "persister jusqu'à mardi 14 juillet au moins".

Une fenêtre aux volets fermés pour protéger le logement contre le soleil, le 8 juillet 2026 à Paris, lors d'une vague de chaleur en France ( AFP / JOEL SAGET )

Comme Josy Rongione, 82 ans, il vaut donc mieux se lever tôt pour bouger les jambes : "marcher une ou deux fois par semaine sur les bords du Rhône", à Lyon, "c'est agréable, ça permet de ne pas être confiné en permanence".

Même s'il commence à "s'habituer" aux grosses chaleurs, Léo, un Lyonnais de 27 ans, souffre "quand il n'y a pas d'air" et confie sa "crainte que ça dure".

Les organismes sont mis à rude épreuve et l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) a réclamé "l'annulation immédiate ou le report des compétitions sportives exigeantes prévues en extérieur", afin de préserver le système de soins.

Le triathlon Half Ironman de Versailles, prévu dimanche, a déjà été annulé.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu présidera vendredi matin une cellule interministérielle de crise consacrée à cette nouvelle canicule. Le Haut conseil pour le climat a alerté jeudi la France sur ses politiques "insuffisantes", aussi bien en matière de décarbonation que d'adaptation.

Sécheresse et incendie

Preuve immédiate de l'état de sécheresse des terrains, le front des incendies reste actif, alimenté aussi par le vent qui ne faiblit pas. Au-dessus de Die (Drôme), dans une zone escarpée et inhabitée, un feu a parcouru 3.000 hectares en une semaine. Quatre Canadairs se sont joints vendredi aux quelque 450 personnels déployés au sol, selon la préfecture.

Vagues de chaleur recensées en France et indicateur thermique national quotidien (au-dessus de 23,4°C), selon les données de Météo-France depuis 1947 ( AFP / Valentin RAKOVSKY )

Pour certains territoires, les sinistres sont inédits: l'Indre fait face à l'un des "plus grands incendies" de son histoire, selon la préfète, avec 700 hectares détruits. Et dans la Haute-Vienne, en situation de sécheresse sévère, 165 hectares de végétation ont été ravagés par le plus important incendie jamais recensé dans le département, selon les pompiers.

"Plus de 325 départs de feu ont été recensés sur l'ensemble du territoire" mercredi, a souligné Laurent Nuñez sur X. Le ministre de l'Intérieur appelle à la "solidarité" des employeurs pour libérer les sapeurs-pompiers volontaires et faciliter leur mobilisation.

L'Hérault, où la température est montée mercredi jusqu'à 43°C à Moulès-et-Baucels, a enregistré "30 départs de feu par jour" depuis samedi, selon la préfète Chantal Mauchet. Un feu en cours à Carlencas-et-Levas a déjà parcouru 400 hectares.

En revanche dans les Pyrénées-Orientales, où le feu a parcouru près de 5.000 hectares, la situation "s'améliore de jour en jour", a indiqué jeudi la préfecture, et les habitants de neuf communes évacuées pourront réintégrer leurs logements à partir de 18H00.

Les alertes à la sécheresse se multiplient et des restrictions de l'usage de l'eau sont mises en place. Le préfet du Rhône a émis l'alerte pour l'ensemble des cours d'eau du département, et fortement restreint les possibilités d'arrosage, d'irrigation de cultures hors maraîchage, ou encore de lavage de voitures ou de façades.

Un réacteur de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) a été arrêté en raison de la canicule, afin de respecter les limites d'échauffement de l'eau du fleuve Garonne.

Préventivement, deux villages de Côte-d'Or qui partagent leur ressource en eau, Quincy-le-Vicomte et Quincerot, ont décidé d'acheminer par citerne de l'eau potable "car le réservoir était passé en dessous des 50% de sa capacité", explique la mairie de Quincy.