Vers sept mises en examen pour "homicide volontaire" après la mort de Quentin Deranque information fournie par Reuters 19/02/2026 à 18:10
Les sept personnes interpellées mardi dans plusieurs départements, dont le Rhône, dans le cadre de l'enquête sur l'agression mortelle de Quentin Deranque à Lyon devaient être mises en examen jeudi pour "homicide volontaire", a annoncé le procureur de la République de Lyon.
Le parquet a requis également leur placement en détention provisoire, a précisé Thierry Dran lors d'une conférence de presse. Parmi les sept suspects figure "un assistant parlementaire".
Les quatre autres personnes - trois femmes et un homme - interpellées mercredi matin pour "recel de malfaiteurs" ont vu leur garde à vue levée jeudi en début d'après-midi et ont été remises en liberté dans l'attente de leur audition pour ces faits.
"A ce jour, il reste plusieurs personnes à identifier", a souligné Thierry Dran.
Sur les sept suspects, deux refusent de s'expliquer, "les autres ont reconnu leur présence sur les lieux, certains admettaient avoir porté des coups à Quentin Deranque ou/et d'autres victimes", a dit le procureur.
Ils contestent tous une intention homicide, a-t-il ajouté.
Leur mise en examen, a expliqué le magistrat, repose sur "l'analyse des faits, notamment le très grand nombre de coups portés directement sur le visage et sur le crâne de Quentin Deranque, les auditions des témoins, les interrogatoires des mis en cause, les investigations techniques, les résultats de l'autopsie de la victime et l'exploitation des vidéos".
Ces éléments "conduisent le parquet à ouvrir dans les minutes qui viennent une information judiciaire criminelle devant les juges d'instruction et à requérir la mise en examen du chef d''homicide volontaire' sur Quentin Deranque pour les sept personnes présentées."
Quentin Deranque, étudiant de 23 ans et militant du collectif d'extrême droite Némésis, avait été frappé à terre le 12 février dernier par plusieurs personnes en marge d'une conférence de l'eurodéputée (La France insoumise, LFI) Rima Hassan à Sciences-Po Lyon.
UN ASSISTANT PARLEMENTAIRE MIS EN EXAMEN
Les sept personnes interpellées mardi sont également visées par les chefs de "violences aggravées de trois circonstances" (masqués, port d'armes, en réunion) et "association de malfaiteurs en vue de commettre un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement".
Deux des suspects ont des antécédents judiciaires. L'un a été condamné "pour violences et usage de stupéfiants par le tribunal pour enfants et l'autre par le tribunal correctionnel de Lyon pour des faits de vol et port d'arme", a déclaré le procureur.
"Un des mis en cause fait actuellement l'objet d'un contrôle judiciaire par une juge d'instruction de Paris à la suite de faits de violences aggravées en raison de la race, l'ethnie, la religion", a-t-il indiqué.
Les sept personnes mises en examen sont âgées de 20 à 26 ans, sont pour l'essentiel des étudiants, des employés dans le privé. "Un est sans emploi et un est assistant parlementaire", a détaillé le magistrat, refusant de préciser l'identité du collaborateur parlementaire.
"Certains appartiennent à des associations et trois déclarent avoir fait partie ou être proches de la mouvance d'ultra-gauche", a-t-il complété.
Deux assistants de Raphaël Arnault, député LFI du Vaucluse depuis 2024, figuraient, de source policière, au nombre des 11 personnes arrêtées : Jacques-Elie Favrot et Robin Chalendard.
On ignore lequel des deux est mis en examen.
Raphaël Arnault est le fondateur du groupuscule antifasciste la Jeune Garde en 2018 - dissous en juin 2025 par les autorités - et a été condamné en février 2022 à quatre mois de prison avec sursis pour "violences volontaires en réunion" en marge d'un rassemblement d'extrême droite à Lyon.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a confirmé mercredi que l'élu faisait l'objet d'une fiche "S" du renseignement intérieur.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait exhorté mardi LFI à "faire le ménage" dans ses rangs, expression reprise jeudi par le président Emmanuel Macron, qui n'a toutefois pas mis nommément en cause de formation politique.
(Rédigé par Nicolas Delame et Sophie Louet)