Vente d'une pépite française des cryptomonnaies : le gouvernement demande à EDF de prolonger l'examen du dossier Exaion information fournie par Boursorama avec Media Services 05/02/2026 à 10:36
En novembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu affirmait : "On va protéger cette entreprise".
"Les négociations se poursuivent". Alors que des interrogations se font jour sur la vente au groupe américain Mara d'Exaion , sa filiale spécialisée dans le calcul de haute performance, le ministère de l'Économie a demandé à EDF de prolonger l'examen du projet.
"Nous avons demandé à EDF de continuer à examiner plus en profondeur les différentes options pour le dossier Exaion au-delà de la date butoir du 31 janvier", a indiqué Bercy à l' AFP , sans plus de commentaires.
Le projet de cession avait été officialisé le 11 août par la signature d'un accord prévoyant l'acquisition par Mara Holdings, spécialiste du minage de cryptomonnaies, de 64% d'Exaion pour 168 millions d'euros. "Les négociations se poursuivent", a indiqué EDF, contacté par l'AFP. "Nous travaillons avec les services de l'État pour leur fournir tous les éléments complémentaires nécessaires à la poursuite de l'instruction du dossier", a précisé l'énergéticien.
Une "pépite" dans une technologie d'avenir
La perspective de cette vente d'Exaion par EDF à un groupe américain a provoqué des remous dans la classe politique. Exaion, qui propose des solutions blockchain et d'autres services dans le calcul de haute performance et la cybersécurité , n'est pas rentable à ce stade, mais des élus ont évoqué la perte d'une "pépite" dans une technologie d'avenir.
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a qualifié samedi de "politique politicienne" la polémique suscitée par ce projet de cession.
Le coordinateur de la France insoumise (LFI), Manuel Bompard, a indiqué dimanche à ce sujet qu'il allait demander, avec ses collègues députés, l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire sur les "dépendances" économiques de la France vis-à-vis des États-Unis.
Le ministère de l'Économie examine s'il doit autoriser ou non cette vente, au titre du contrôle des investissements étrangers en France (IEF). En novembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu affirmait : " On va protéger cette entreprise".
Le ministère avait demandé fin août à EDF, dont l'État est actionnaire à 100%, de "rouvrir" et de "réévaluer" le dossier de cette vente.
Le dossier est depuis entre les mains du Trésor au titre du contrôle des investissements étrangers (IEF), une procédure d'autorisation préalable qui concerne les secteurs touchant à la défense nationale ou susceptibles de mettre en jeu l'ordre public et des activités essentielles à la garantie des intérêts de la France.