Vallaud (PS) lance le débat sur la "démarchandisation" pour la présidentielle
information fournie par AFP 23/04/2026 à 08:45

Le chef des députés socialistes Boris Vallaud à l'Assemblée nationale, le 31 mars 2026 ( AFP / Anne-Christine POUJOULAT )

Le chef des députés socialistes Boris Vallaud lance le débat sur "la démarchandisation" de la société, thème qu'il présente comme un sujet de reconquête pour la gauche dans le cadre de la présidentielle de 2027.

Dans un livre à paraître vendredi intitulé "Nos vies ne sont pas des marchandises", le député des Landes revient sur un thème qu'il avait déjà mis en avant lors du dernier congrès du PS, en mai 2025: "la démarchandisation".

Celui qui mène la fronde interne contre le premier secrétaire du PS Olivier Faure et accuse la direction du parti de ne pas avoir produit d'idées veut peser dans le débat présidentiel avec ce concept, qui vise à soustraire au marché certains secteurs d'activité ou certains biens communs.

"Le monde est devenu une immense boutique, tout est à vendre, de la naissance à la mort", décrypte-t-il pour l'AFP. Tout comme l'eau, la terre, la santé, l'éducation, la culture, le sport, les services publics, détaille-t-il dans son livre.

Même "notre temps libre, nos données personnelles, nos corps, nos vies privées sont à vendre", déplore-t-il.

Il juge que la gauche a aujourd'hui "besoin d'un mot d'ordre mobilisateur. La démarchandisation peut jouer ce rôle", précise-t-il dans le Nouvel Obs.

"Un certain nombre d'outils de la social-démocratie ont trouvé leurs limites, se sont essoufflés et aujourd'hui il faut mettre des limites au marché et même faire sortir du marché ce que l'on prend à la vie", a-t-il affirmé jeudi sur France Inter.

Démarchandiser n'est pour autant "ni un retour à l'étatisme centralisateur, ni une nostalgie d'économie administrée. Le but n'est pas d'abolir le marché mais de le remettre à sa place", de le "limiter", écrit-il.

"Cela peut aussi passer par des nationalisations mais je ne propose pas l'étatisation de tout, il y a d'autres outils", précise-t-il à l'AFP.

Il fournit ainsi des exemples de démarchandisation réussie, comme la mise en place de régies publiques de l'eau dans certaines villes, d'Ehpad ou de crèches publiques ou associatives, de secteur funéraire public, de gestion publique du logement, comme à Vienne en Autriche.

Interrogé sur le coût budgétaire de ce concept, il a répondu sur France Inter: "si vous pensez que vous faites des économies en confiant aux marchés le soin de dire ce qui a de la valeur et ce qui n'en a pas... Vous ensevelissez les besoins essentiels sous des besoins artificiels".

"Mon projet est un projet de reconquête pour tout ce qui est essentiel à la vie", insiste le député, "c'est ce que j'appelle un +socialisme de la vie+, c'est-à-dire reprendre la main sur nos vies".

L'idée plaît e

n tout cas au leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui avait proposé à Boris Vallaud d'en débattre. Celui-ci n'a pas refusé, mais souhaitait le faire dans un lieu neutre, et pas à "l'institut La Boétie, l'église de la bonne parole de Jean-Luc Mélenchon", a-t-il déclaré. L'insoumis a retiré son invitation mercredi soir.