Valdunes (groupe Europlasma) en quête d'un repreneur (ministre)
information fournie par Boursorama avec AFP 16/10/2026 à 08:23

( AFP / SAMEER AL-DOUMY )

Alors que Fonderie de Bretagne est désormais en liquidation judiciaire, une autre société du groupe Europlasma, le métallurgiste nordiste Valdunes, cherche un repreneur, a déclaré jeudi à l'AFP le ministre délégué à l'Industrie Sébastien Martin.

"Il y a des discussions qui sont menées avec de potentiels repreneurs", mais "pour le moment il est encore trop tôt pour pouvoir dire si cela aboutira", a dit M. Martin, interrogé lors de son déplacement à la convention des intercommunalités de France à Dunkerque (Nord).

"Les services de l'État et les services du ministère de l'Industrie sont mobilisés pour essayer d'accompagner" ce processus, a ajouté le ministre.

M. Martin a confirmé que l'État a débloqué plus de "trois millions d'euros" pour financer notamment les salaires des quelque 200 employés de Valdunes depuis cet été.

Avec cet apport, "je pense que nous avons le temps de voir un peu venir les choses d'ici la fin de l'année au moins", a-t-il estimé.

Sollicité par l'AFP, Europlasma n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat à ces déclarations.

Dernier fabricant français de roues et essieux pour le transport ferroviaire, Valdunes a été racheté en 2024 par Europlasma, après avoir été lâché l'année précédente par son actionnaire chinois MA Steel.

A l'époque, le plan de reprise prévoyait un investissement de 15 millions d'euros dans Valdunes par Europlasma, et de 15 millions d'euros également de l'État sous forme de prêts, plus d'autres aides via les collectivités locales.

Mais depuis deux ans, il y a eu "zéro investissement" de la part d'Europlasma dans l'outil industriel, selon Philippe Lihouck, délégué CGT chez Valdunes, qui comprend deux sites: une forge à Leffrinckoucke, près de Dunkerque, et une usine à Trith-Saint-Léger, près de Valenciennes (Nord).

"Avec Europlasma, un groupe français, on se disait +ça va aller mieux+", mais finalement les craintes sur ce repreneur en série se sont vérifiées, soupire M. Lihouck.

Europlasma — qui détient aussi les Forges de Tarbes, fournisseur de la défense nationale — a largement creusé ses pertes en 2025, selon ses derniers résultats annuels publiés en juin.

Le groupe, initialement spécialisé dans le secteur de la dépollution, avait alors reconnu des "tensions de trésorerie" en raison notamment du "caractère déficitaire de la majorité de ses activités".

En avril, Europlasma avait aussi annoncé être en négociations exclusives avec un investisseur français pour lui céder ses activités liées à la défense, dont notamment les Forges de Tarbes.

Dans un communiqué commun publié jeudi, les élus des collectivités locales accueillant les sites de la Fonderie de Bretagne, des Forges de Tarbes et de Valdunes ont réclamé à Europlasma des "comptes précis" et des "actes immédiats", comme le "respect strict" de ses plans d'investissements initiaux.

Ils ont aussi plaidé pour une "préférence européenne et territoriale forte dans la commande publique" pour bâtir "une véritable souveraineté industrielle", et pour un accompagnement social "rigoureux et protecteur" des salariés affectés.