USA-Pam Bondi défend devant le Congrès sa gestion contestée de l'affaire Epstein
information fournie par Reuters 11/02/2026 à 17:04

par Andrew Goudsward

Pam Bondi, la procureure générale des Etats-Unis, a défendu mercredi devant une commission du Congrès la gestion contestée de l'affaire Jeffrey Epstein par le département de la Justice qu'elle dirige.

Depuis la publication par son ministère d'une nouvelle salve de documents relatifs au financier et criminel sexuel mort en prison en 2019, de nombreux élus, y compris républicains, critiquent l'ampleur des éléments caviardés ou occultés par le DoJ, alors même qu'une loi votée par le Congrès en novembre exige la divulgation de la quasi-totalité des pièces du dossier.

Devant la commission des Affaires judiciaires de la Chambre des représentants, Pam Bondi a déclaré que son ministère avait examiné minutieusement des monceaux de documents dans des délais très courts.

Le département de la Justice a publié le 30 janvier plus de trois millions de documents de pages de documents mettant au jour de nouveaux liens entre Jeffrey Epstein et un certain nombre de personnalités influentes, qui n'en finissent pas de faire des vagues, des Etats-Unis à la France, la Norvège ou au Royaume-Uni.

Le ministère affirme ainsi s'être acquitté de son obligation de tout publier mais les élus du Congrès estiment que les caviardages vont bien au-delà des exemptions prévues par la loi de novembre dernier et réclament la divulgation de toute une série d'autres documents.

Pour se défendre, le département de la Justice dit avoir agi en toute transparence et avoir supprimé des éléments afin de protéger les victimes, même si les noms de certaines d'entre elles ont été rendus publics.

LES VICTIMES IGNORÉES

Jamie Raskin, élu démocrate du Maryland, a accusé Pam Bondi de se ranger du côté des agresseurs et d'ignorer les victimes.

"J'ai consacré toute ma carrière à la défense des victimes, et je continuerai à le faire", a répondu Pam Bondi dans sa déclaration liminaire.

L'affaire Epstein ne cesse d'embarrasser Donald Trump depuis son retour au pouvoir il y a un peu plus d'un an, en partie parce que le président américain avait lui-même donné par le passé de l'épaisseur aux théories complotistes relayées par ses partisans à propos du financier et promis de faire toute la lumière sur le dossier pendant sa campagne.

En annonçant initialement en juillet dernier qu'il ne publierait pas les documents relatifs à Jeffrey Epstein, retrouvé pendu dans sa cellule après avoir été inculpé de trafic sexuel de mineures, le département de la Justice avait provoqué la fureur des partisans de Donald Trump et suscité de nouvelles interrogations sur l'amitié passée entre le président américain et le pédocriminel.

L'audition de mercredi devant la commission de la Chambre, contrôlée par les républicains, devrait également porter plus largement sur le mandat de Pam Bondi, une proche de Donald Trump, à la tête du département de la Justice, désormais totalement aligné sur les desiderata du président américain.

Le département de la Justice a ainsi engagé des poursuites contre plusieurs "ennemis" déclarés de Donald Trump, comme l'ancien directeur du FBI James Comey ou la procureure de New York Letitia James. Les inculpations à leur encontre ont été invalidées par la justice mais le DoJ a fait appel.

(Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Sophie Louet)