USA-Apparition surprise de Harris en ouverture de la convention démocrate
information fournie par Reuters 20/08/2024 à 03:49

par Steve Holland et Trevor Hunnicutt

La vice-présidente américaine Kamala Harris a effectué lundi soir à Chicago une courte apparition surprise sur l'estrade de la convention nationale du Parti démocrate, lors de laquelle elle doit être formellement désignée cette semaine candidate du parti pour l'élection présidentielle de novembre.

"Battons-nous pour les idéaux qui nous sont chers et rappelons-nous que, lorsque nous combattons, nous gagnons !", a-t-elle dit devant des partisans en liesse, promettant de battre le candidat républicain, l'ancien président Donald Trump, lors du scrutin du 5 novembre.

Il était envisagé que Kamala Harris, 59 ans, apparaisse sur l'estrade plus tard dans la soirée, au côté de Joe Biden, l'équipe de campagne de la vice-présidente s'interrogeant sur la pertinence et la manière d'utiliser le président pour convaincre les électeurs.

Alors qu'il espérait à nouveau tenir le premier rôle de la convention, Joe Biden, 81 ans, sera le principal orateur de cette première des quatre journées du rendez-vous de Chicago.

Il a dû se résoudre en juillet à abandonner sa campagne de réélection face aux pressions d'élus et de cadres du Parti démocrate doutant de sa capacité à remporter le scrutin puis, le cas échéant, à gouverner quatre ans de plus.

Joe Biden, qui fut pendant huit ans le vice-président de Barack Obama, premier président noir de l'histoire des Etats-Unis, devrait appeler lundi soir lors de son discours les démocrates à s'unir derrière Kamala Harris, qui deviendrait en cas de victoire la première femme présidente du pays.

L'actuel locataire de la Maison blanche devrait également détailler les réussites de son mandat, y associer Kamala Harris, et prévenir du danger pour la démocratie que constituerait selon lui un retour de Donald Trump au pouvoir.

"MOMENT MÉMORABLE"

A la question de savoir si la convention nationale démocrate représentait pour lui un moment aigre-doux, Joe Biden a répondu dans l'après-midi aux journalistes qu'il s'agissait d'un "moment mémorable".

Quand il a annoncé le 21 juillet mettre fin à sa campagne de réélection, Joe Biden a immédiatement apporté son soutien à Kamala Harris, laquelle a rapidement obtenu l'appui d'un nombre suffisant de délégués démocrates pour devenir la candidate du parti pour l'élection présidentielle.

La candidature de Kamala Harris pour le scrutin du 5 novembre a ravivé l'enthousiasme dans les rangs démocrates.

Kamala Harris est arrivée à Chicago en surfant sur une vague historique, entre des dons de campagne records, des salles bondées lors de ses meetings et des sondages qui la donnent devant Donald Trump dans des Etats considérés comme décisifs pour l'élection présidentielle, alors que Joe Biden perdait avant son retrait du terrain sur le candidat républicain.

En marge de l'ouverture de la convention, toutefois, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans un parc situé à proximité pour afficher leur opposition au soutien apporté par Washington à l'offensive d'Israël dans la bande de Gaza et faire pression sur les délégués démocrates pour qu'ils changent d'approche sur le sujet.

Si la foule a été moins importante que les organisateurs de la manifestation ne le prévoyaient, des tensions ont éclaté quand un groupe de manifestants dissidents est sorti du cortège et a forcé un périmètre de sécurité. La police anti-émeute est intervenue et a interpellé quatre personnes.

Ce rassemblement a rappelé le mécontentement d'une partie de l'aile progressiste des démocrates à l'égard du soutien de l'administration Biden à l'offensive israélienne à Gaza, apportant une note de contraste au rendez-vous de Chicago se voulant un moment de célébration.

"Les démocrates sont ceux qui sont au pouvoir", a déclaré un porte-parole de l'organisation à l'origine de la manifestation. "C'est leur guerre. Ils en sont responsables, ils sont complices et ils peuvent l'arrêter", a ajouté Hatem Abudayyeh.

Il est peu probable que les manifestants parviennent à pousser les démocrates à changer de position. Le parti a approuvé lundi soir un document politique de 92 pages qui ne fait aucune mention d'un embargo sur les armes à destination d'Israël - une demande phare des groupes pro-Palestiniens.

(Doina Chiacu, Andrea Shalal, Bianca Flowers, Trevor Hunnicutt, Jeff Mason et Nandita Bose à Chicago, avec la contribution de Kanishka Singh, Steve Holland, Nathan Layne et Gram Slattery; version française Jean Terzian)