Unité et défilé militaire : les soutiens de l'Ukraine en sommet à Paris information fournie par AFP 13/07/2026 à 10:13
Emmanuel Macron réunit lundi à Paris un sommet de la coalition des volontaires pour l'Ukraine, en présence de Volodymyr Zelensky, signe du "réveil stratégique" souhaité pour l'Europe face à la Russie et aux Etats-Unis de Donald Trump.
Au lendemain de ce sommet de 37 pays, au niveau des chefs d'Etat ou de gouvernement, le même message sera symboliquement martelé à l'occasion du défilé militaire annuel pour la fête nationale sur les Champs Elysées. Quelque 500 soldats des Etats membres de cette coalition ouvriront cette parade du 14 juillet, qui demeure une spécificité dans une démocratie occidentale.
Pour sa dernière participation à cet événement en tant que président, Emmanuel Macron entamera la séquence lundi en fin de matinée par le traditionnel discours aux armées dans lequel il vantera le "réarmement" en cours de la France, avec un doublement de son budget de la défense en dix ans.
Le sommet de la coalition des volontaires se déroulera dans l'après-midi à l'Hôtel national des Invalides, une prestigieuse institution militaire au coeur de la capitale, pour accroître "le soutien à l'Ukraine et la pression sur la Russie", avant un dîner à l'Elysée, a insisté la présidence française.
Cette rencontre a un triple objectif, a expliqué le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot au journal Ouest-France : l'appui à l'Ukraine, "notamment en matière de défense antiaérienne" face aux bombardements russes ; accentuer la pression sur Moscou avec "un 21e paquet de sanctions européennes (qui) devrait être adopté lundi" ; "la préparation de la paix et la définition des garanties de sécurité qui seront indispensables pour prévenir toute nouvelle agression".
Il s'agit "d'adresser un message de soutien à l'Ukraine. D'ailleurs ça fera l'objet de paquets français de soutien, notamment dans le domaine aérien, antimissiles", a affirmé la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo sur la chaîne TF1.
La France a déjà fourni quatre des six avions Mirage 2000 promis à Kiev, qui s'attend à recevoir cette année pour le tester le système franco-italien de défense antiaérienne et antimissile SAMP/T de nouvelle génération.
Production sous licence
La réunion de la coalition doit amplifier un "moment très fort de reconvergence et d'unité transatlantiques" mais aussi de "dynamiques plus favorables sur le terrain pour l'Ukraine", a également souligné l'Elysée.
Le président Donald Trump, longtemps plus à l'écoute de son homologue russe Vladimir Poutine que de Volodymyr Zelensky, s'est montré plus enclin à soutenir l'Ukraine au sommet du G7 à Evian en juin et à celui de l'Otan la semaine dernière à Ankara.
L'Ukraine a aussi changé la donne face à la Russie avec des frappes quasi-quotidiennes sur ses raffineries et ses dépôts de pétrole qui désorganisent ses approvisionnements et génèrent de sévères pénuries de carburant. Elle opère aussi de multiples frappes en Crimée.
L'armée russe piétine de son côté dans le Donbass (est de l'Ukraine), malgré un bilan colossal de 1.000 morts et blessés par jour selon des évaluations occidentales, même si Kiev est encore "loin d'un tournant dans la guerre", d'après le commandant en chef des forces ukrainiennes, Oleksandr Syrsky.
Les dirigeants de la coalition vont notamment se pencher sur la coopération en matière de "défense antiaérienne et antibalistique", avec la production d'armements sous licence en Ukraine.
La Force multinationale pour l'Ukraine, appelée à être déployée sur place une fois que les armes se seront tues, va aussi commencer des exercices maintenant qu'elle dispose d'un "état-major opérationnel", près de Paris, avec un "impératif" : afficher sa "crédibilité" et "montrer à la Russie que l'ensemble de ses acteurs est prêt à s'engager".
Ces exercices auront lieu hors d'Ukraine tant que les "conditions pour un déploiement réel ne sont pas remplies", a toutefois noté l'Elysée.
Volodymyr Zelensky qui prendra place mardi dans la tribune d'honneur du défilé militaire aux côtés de l'Allemand Friedrich Merz et de l'Espagnol Pedro Sanchez, arrivera à Paris après avoir annoncé dimanche un remaniement de son gouvernement.
Il a notamment annoncé le départ de sa Première ministre Ioulia Svyrydenko.
La Russie poursuit pendant ce temps presque chaque jour ses attaques aériennes sur l'Ukraine, qui ont encore fait quatre morts dans la nuit de samedi à dimanche. Début juillet, 30 personnes avaient été tuées par des tirs de missiles sur Kiev.
Des attaques de drones ukrainiennes ont fait quatre morts et sept blessés en Russie, dont trois morts dans la région de Moscou, selon les autorités locales lundi.