Une première aux Etats-Unis : New York décrète un moratoire sur les data-centers information fournie par Boursorama avec Media Services 15/07/2026 à 09:29
L'idée d'un gel des constructions a émergé à la fin de l'année 2025, défendue notamment par le sénateur Bernie Sanders.
Face à l'appétit vorace des poids-lourds de la tech, l'Etat de New York va cesser de délivrer, pendant un an, des permis de construire pour de nouveaux centres de données de grande envergure (d'une capacité d'au moins 50 mégawatts). Cette décision constitue une première du genre pour un Etat américain, tandis que les initiatives se multiplient à travers le pays.
Ce moratoire, signé mardi 14 juillet par la gouverneure Kathy Hochul et qui prend effet immédiatement, doit donner à l'Etat le temps de mieux encadrer ce secteur en pleine expansion avec l'essor de l'intelligence artificielle (IA). Les responsables politiques américains, globalement favorables au secteur de la tech et aux investissements qu'il génère, sont soumis à la pression d'électeurs qui ne veulent pas de telles infrastructures près de chez eux. Des dizaines de villes et de comtés ont ainsi instauré des restrictions locales.
"New York va montrer l'exemple"
Un moratoire avait ainsi été adopté en avril dans le Maine (nord-est), avant d'être bloqué par la gouverneure Janet Mills, au motif qu'il aurait empêché la construction d'un "data center" dans une ville touchée par la fermeture d'une usine. "Alors que le développement des centres de données menace de faire grimper les factures d'eau et d'électricité, de puiser dans nos ressources naturelles et de créer de l'incertitude pour les New-Yorkais, il est de ma responsabilité d'agir et de montrer la voie" , a justifié Kathy Hochul dans un communiqué.
"New York va montrer l'exemple en mettant en place les normes les plus strictes du pays pour le développement des centres de données, en veillant à ce que, lorsque les entreprises réussissent grâce à New York, les New-Yorkais en bénéficient aussi", ajoute-t-elle.
Foncier, eau, énergie : des consommations XXL qui posent question
Les dépenses pour la construction de centres de données aux États-Unis ont explosé ces dernières années, ces infrastructures bénéficiant de dizaines de milliards de dollars d'investissements.
Les détracteurs des "data centers" pointent leur forte consommation électrique, leur utilisation massive d'eau à des fins de refroidissement, les nuisances sonores qu'ils génèrent ou encore le nombre relativement limité d'emplois créés. Leurs partisans soutiennent, au contraire, que bloquer leur développement nuit à l'emploi et laisse le champ libre à la Chine dans la course à l'IA.
Selon une étude publiée fin juin par l'assureur-crédit Allianz Trade, les émissions des centres de données ont atteint 286 millions de tonnes de CO2 en 2025 et pourraient monter jusqu'à 643 millions de tonnes d'ici à 2030. D'après cette étude, près de 70% des émissions mondiales sont concentrées aux Etats-Unis et en Chine. Les besoins en eau augmentent également rapidement: les centres de données auraient consommé quelque 814 milliards de litres en 2025, un volume susceptible de passer à 1.800 milliards d'ici à la fin de la décennie, toujours selon Allianz Trade.