Une ONG israélienne dénonce les "maltraitances" subies en prison par les activistes de la "flottille pour Gaza"
information fournie par AFP 04/05/2026 à 19:43

Le militant brésilien de la "Flottille pour Gaza", Thiago Avila, au tribunal d'Ashkelon, le 3 mai 2026 en Israël ( AFP / Ilia YEFIMOVICH )

L'ONG israélienne Adalah, qui a rendu visite en prison lundi aux deux activistes espagnol et brésilien de la "flottille pour Gaza" détenus par Israël, a dénoncé les "maltraitances psychologiques et mauvais traitements" auxquels ils seraient soumis.

L'ONG donne en exemple des "interrogatoires durant jusqu'à huit heures" de suite, des menaces de mort ou de "passer 100 ans en prison", des cellules avec un éclairage intensif permanent, et des déplacements systématiquement effectués les yeux bandés, même durant des visites médicales.

"Bander les yeux d'un patient durant une visite médicale est une violation flagrante des normes éthiques médicales", affirme Adalah.

La justice israélienne a validé dimanche une prolongation de deux jours de la détention de l'Espagnol Saïf Abu Keshek et du Brésilien Thiago Avila, en grève de la faim depuis six jours (ils boivent de l'eau) selon l'ONG.

"Nous attendons de savoir si l'Etat va demander la prolongation de cette détention" mardi, indique-t-elle.

Le militant espagnol de la "Flottille pour Gaza", Saif Abu Keshek, au tribunal d'Ashkelon, le 3 mai 2026 en Israël ( AFP / Ilia YEFIMOVICH )

Les deux hommes avaient été arrêtés jeudi avec quelques 175 autres activistes au large de la Grèce, à bord d'une vingtaine de bateaux de la "flottille pour Gaza", qui vise selon ses organisateurs à briser le blocus israélien du petit territoire palestinien dévasté par la guerre, où l'accès à l'aide humanitaire reste largement restreint.

"La majorité de leur interrogatoire" était centrée sur la flottille, "une mission humanitaire pacifique, ce qui confirme que la détention est une tentative de criminaliser l'aide humanitaire et la solidarité", dénonce également l'ONG.

Tous les autres activistes, de nombreuses nationalités, avaient été relâchés en Grèce après un accord entre ce pays et Israël.

Israël accuse Saïf Abu Keshek et Thiago Avila de lien avec le Hamas palestinien, au pouvoir à Gaza, une accusation sans fondement selon l'Espagne, concernant son ressortissant.

La diplomatie israélienne avait nié dimanche tout mauvais traitement en détention.