"Une guerre ouverte" avec la Russie, "préoccupation première" du plus haut gradé français information fournie par AFP 09/04/2026 à 12:09
La possibilité d'une "guerre ouverte" avec la Russie reste "ma préoccupation première", a déclaré jeudi le chef d'état-major français des Armées, le général Fabien Mandon, qui avait déjà mis en garde contre le risque d'un "choc dans trois, quatre ans".
"La permanence d'une menace russe sur notre continent, avec une guerre ouverte (...) reste ma préoccupation première en termes de préparation des armées", a affirmé le général Mandon aux députés de la commission de la Défense, lors d'une audition consacrée à l'actualisation de la programmation militaire renforçant le budget de la défense d'ici 2030.
"Chaque pays garde la liberté d'évoluer, mais en tout cas, les projections que l'on a aujourd'hui (...) c'est que la Russie, en 2025, représente 1,3 million de soldats, avec une projection à 1,9 (million, ndlr) en 2030", a-t-il rappelé.
Le nombre de chars lourds russes doit lui passer de 4.000 en 2025 à 7.000 en 2030 tandis que le nombre de navires de combat de la marine russe "devrait rester sur un format entre 230 et 240", selon lui.
"C'est quelque chose qui n'est absolument pas dogmatique, c'est quelque chose de renseigné", a-t-il insisté, justifiant selon lui la nécessité de renforcer les moyens de la défense française.
Le Kremlin a de son côté qualifié ces craintes d'"absolument infondées". "La Russie ne représente de menace pour aucun pays (...) qui ne prévoit en aucune manière de porter atteinte à la sécurité de la Fédération de Russie", a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, répondant à une question de l'AFP jeudi.
Pour le chef d'état-major français des Armées, "cette loi de programmation militaire (LPM) est déterminante pour la défense de nos concitoyens, la défense de notre pays, la défense de nos intérêts".
"Nous sommes dans une période de danger. Il ne faut pas susciter de l'inquiétude, mais juste de l'éveil parce qu'on a besoin de cet investissement de défense", a plaidé le général Mandon.
Le projet de loi d'actualisation de la LPM présenté mercredi en Conseil des ministres prévoit 36 milliards d'euros supplémentaires pour les Armées, en plus des 413 milliards déjà alloués pour la période 2024-2030.
Le "recours désinhibé à la force", la "menace terroriste (qui, ndlr) reste forte au Proche et Moyen-Orient, en Asie et aussi sur le continent africain", justifient également selon lui l'effort demandé aux Français pour leur défense.
D'autant qu'"on ne peut plus avoir le même niveau de confiance sur l'engagement des Américains pour notre sécurité", même si "le dialogue avec les autorités militaires américaines" reste de "grande qualité", a-t-il ajouté.
Face à la "simultanéité des crises", les priorités des Etats-Unis "ne sont pas les mêmes priorités que celles de notre pays ou que celles de notre continent et ils nous alertent depuis des mois en nous disant +renforcez-vous, nous ne pourrons peut-être pas couvrir vos besoins le jour où vous en aurez besoin+", a-t-il rappelé.