Une centrale nucléaire française touchée par des méduses met hors service trois réacteurs
information fournie par Reuters 11/08/2026 à 18:14

PHOTO D'ARCHIVES : La centrale nucléaire de Gravelines est visible de l'autre côté de la plage de Petit Fort Philippe, dans le nord de la France.

par Forrest Crellin

Trois réacteurs de la centrale nucléaire ‌française de Gravelines (Nord) ont été mis à l'arrêt lundi soir en raison d'une invasion massive de méduses, ce qui ​a déclenché les mesures préventives mises en place l'année dernière après la mise hors service de l'ensemble de la centrale, a indiqué l'exploitant EDF.

Située dans le nord de la France, cette centrale est l'une des plus grandes du ​pays et est refroidie par un canal relié à la mer du Nord. Ses six tranches produisent chacune 900 mégawatts d'électricité, soit 5,4 gigawatts au ​total.

Les réacteurs 2, 3 et 4 ont été mis à ⁠l'arrêt en raison de l'invasion et la puissance du réacteur 1 a été limitée à 50% à ‌titre de mesure préventive. Le réacteur 5 était déjà à l'arrêt pour maintenance et le réacteur 6 reste pleinement opérationnel, a précisé EDF.

La panne totale survenue l'année dernière du fait de ​méduses avait incité le groupe à mettre ‌en place de nouvelles techniques de surveillance et de dragage afin d’essayer de ⁠prévenir ou de limiter l’impact d’événements futurs.

EDF a installé des caméras fixes au niveau des canaux d’admission et sur les tamis des tambours filtrants afin de détecter le plus tôt possible toute obstruction, a déclaré un ingénieur à Reuters.

L’entreprise ⁠s’est également associée à ‌une organisation de pêche française et à un organisme de sauvetage en mer, qui surveillent ⁠les essaims et peuvent déclencher une alerte afin de lancer des opérations de chalutage ciblées par les pêcheurs pour ‌réduire la densité de l’essaim avant qu’il n’atteigne la centrale, a précisé l’ingénieur.

Les bateaux de pêche ⁠ont été déployés samedi après le déclenchement d’une première alerte, ce qui a permis ⁠de limiter l’impact de l’essaim. ‌Les méduses déjà présentes sur le site sont retirées à l’aide de camions-aspirateurs, a-t-il précisé.

Aucune nouvelle méduse n’arrivant plus, ​le nettoyage touche à sa fin, ce qui devrait permettre ‌un redémarrage rapide des tranches, a-t-il ajouté.

La situation n’a aucune incidence sur la sécurité de l’installation, du personnel ou de l’environnement, a déclaré ​EDF.

Les scientifiques préviennent que de tels événements pourraient se multiplier en raison de facteurs tels que le réchauffement climatique, l’arrivée d’espèces envahissantes, la perte d’habitat des prédateurs et la surpêche.

EDF est également confrontée à la limitation ⁠de l'utilisation des réacteurs nucléaires du fait des fortes chaleurs dans le, qui va connaître cette semaine sa cinquième canicule depuis le début de l'été.

Un réacteur situé dans le nord est à l'arrêt depuis le début de l'été en raison du faible niveau des cours d'eau, tandis qu'un autre réacteur n'a connu que des redémarrages limités et est resté en grande partie à l'arrêt pendant la majeure partie du mois de juillet.

(Reportage Forrest Crellin; Version française Matthieu ​Huchet, édité par Benoit Van Overstraeten)