Une baby-sitter condamnée pour avoir abandonné un enfant autiste information fournie par AFP 05/10/2026 à 18:31
Une baby-sitter de 26 ans a été condamnée lundi à un an de prison avec sursis pour avoir en juin 2025 à Paris abandonné un enfant lourdement autiste dont elle avait la charge, l'enfermant dans sa chambre pour aller faire d'autres gardes.
Le 27 juin 2025, les services de secours sont appelés en soirée dans le XXe arrondissement par un voisin signalant des cris d'enfants et des coups frappés contre le mur. En arrivant sur place, ils découvrent un adolescent d'onze ans, nu, enfermé dans sa chambre verrouillée de l'extérieur par un loquet et un drap noué à la porte en face.
En pénétrant dans la pièce où se trouve l'enfant, "l'odeur ressentie était à peine supportable et suffocante", notent les secours dans leur compte rendu. La chambre surchauffée, à la fenêtre privée de poignée, est constellée de déjections gastriques et fécales, de déchets alimentaires.
Vivant seul avec son fils, le père est en déplacement professionnel à l'étranger et injoignable. Aucune trace de la baby-sitter censée garder l'enfant, autiste non verbal, pendant la semaine en alternance avec une autre.
Au milieu de la nuit, la baby-sitter Elvire P. se présente à la police, disant avoir dû s'absenter une petite heure pour récupérer son traitement contre le diabète.
"C'est une jeune fille qui a hérité de la charge d'une situation qu'elle était incapable de gérer, alors elle a pris la fuite", l'a défendue à l'audience son avocat François Stefanaggi. Absente de l'audience pour raison médicale, la prévenue est atteinte d'anorexie mentale et de trouble de l'accumulation, selon une expertise psychiatrique.
"Le père qui laisse une semaine un enfant autiste entre les mains d'une personne qui n'est pas qualifiée, c'est inadmissible", a-t-il estimé. "La prise en charge des enfants autistes en France est encore très lacunaire, on fait comme on peut", a expliqué Me Camilla Quendolo, avocate des parents qui "faisaient ce qu'il faut", parties civiles dans le dossier.
En fouillant ses factures téléphoniques, les policiers se sont aperçus qu'Elvire P. avait en réalité abandonné plusieurs fois l'enfant au cours de la semaine - jusqu'à dix heures seul - pour aller faire d'autres baby-sittings.
"Si (l'enfant) a été ainsi enfermé dans une chambre dans des conditions insalubres, c'est parce qu'il est handicapé. Si Mme P. a laissé (le mineur), c'est parce qu'elle a décidé d'aller gagner de l'argent pour faire d'autres baby-sittings, et que ce n'est pas lui qui allait la dénoncer puisqu'il ne parlait pas", a regretté Me Véronique Boulay, qui représentait l'adolescent à l'audience.
Le tribunal a prononcé à l'encontre de la baby-sitter une interdiction définitive d'exercer une activité en lien avec les mineurs.