Une avance de l'Etat aux candidats à la présidentielle? Le secteur bancaire propose une "intervention publique dès le départ" dans le financement des campagnes
information fournie par Boursorama avec Media Services 04/05/2026 à 09:42

Le sujet est particulièrement sensible pour le Rassemblement national, dont la dette est composée presque exclusivement de prêts de particuliers.

(illustration) ( AFP / LUDOVIC MARIN )

"C'est un sujet d'intérêt public. Il est de la responsabilité de l'Etat de permettre une bonne vie démocratique". A l'antenne de BFM Business , le président de la Fédération bancaire française (FBF) Daniel Baal a suggéré lundi 4 mai que l'Etat garantisse les prêts accordés par les banques ou verse une avance aux candidats à l'élection présidentielle afin de faciliter le financement de leurs campagnes, alors que le RN peine à obtenir un prêt.

"Cela libèrerait le sujet"

Pour débloquer la situation, Daniel Baal, également président du Crédit Mutuel Alliance fédérale, estime ainsi pertinente l'idée d'une garantie publique. "Pourquoi n'y aurait-il pas une intervention publique dès le départ, soit par une avance faite par l'Etat, soit au moins une garantie donnée à première demande. Cela libèrerait le sujet !", a t-il estimé. La semaine dernière, Daniel Baal avait notamment évoqué les risques que présentaient les activités de prêts autour de campagnes politiques, en particulier sur le cas de la présidentielle. "Pour les élections municipales, législatives, régionales, il n'y a quasiment pas de problème, parce que les montants ne sont pas les mêmes", a t-il ajouté.

L'intervention qu'il appelle de ses voeux pourrait prendre la forme d'une "garantie à première demande" (qui permet à la banque d'être facilement remboursée en cas de défaut) donnée par l'Etat aux banques prêteuses ou une avance directe aux candidats, selon Daniel Baal. Pour le président de la fédération qui représente la profession bancaire en France, prêter de l'argent à un candidat à l'élection présidentielle constitue un risque d'une "toute autre nature" que les crédits habituellement accordés aux ménages et aux entreprises.

Certes, l'Etat finit par accorder des remboursements d'une grande partie des frais engagés par la campagne lorsqu'un candidat dépasse 5% des suffrages exprimés au premier tour, un seuil largement dépassé par le Rassemblement national aux précédentes élections. Mais ces remboursements sont également conditionnés à la validation officielle du compte de campagne, rappelle M. Baal, ce qui représente à ses yeux un risque supplémentaire pour les banques. "Qui aurait pu penser que le président sortant Nicolas Sarkozy", en 2012, "se fasse invalider ses comptes de campagne?", a-t-il pris en exemple.

Appels de Bardella

A près d'un an du scrutin, le RN est à la recherche d'une banque susceptible de lui avancer les 10,7 millions d'euros correspondant au montant maximal remboursable par l'Etat, pour les candidats qualifiés au second tour, avait indiqué mi-avril le trésorier du parti à l'AFP. Le sujet est crucial pour un RN sans capacité d'autofinancement, car engagé dans un remboursement "soutenu" de sa dette, quasi intégralement composée de prêts de particuliers. "Il y a des démarches qui sont en cours, mais pour l'instant, les banques françaises refusent d'accorder un prêt qui n'a honnêtement qu'un risque minime", avait regretté mercredi dernier le président du parti, Jordan Bardella.