Un Tunisien écroué en France, soupçonné de fomenter un projet d'attaque jihadiste information fournie par AFP 11/05/2026 à 22:41
Un Tunisien de 27 ans soupçonné de fomenter un projet d'attaque d'inspiration jihadiste, contre un musée parisien ou la communauté juive, a été mis en examen lundi à Paris et placé en détention provisoire.
Cet homme est "soupçonné d'une part de fomenter un projet d'action violente d'inspiration jihadiste et d'autre part d'envisager une hijra (exil vers une terre d'islam, NDLR) dans les rangs de l'organisation terroriste Etat islamique en Syrie ou au Mozambique", a expliqué à l'AFP le Parquet national antiterroriste (Pnat).
Selon une source proche du dossier, "le projet d'action violente envisagé visait, au regard des éléments recueillis pendant l'enquête, un musée parisien ainsi que des membres de la communauté juive, sans cible précise cependant".
Le Monde, qui a révélé cette information, et Le Parisien ont indiqué que le suspect avait évoqué Le Louvre comme cible possible ainsi que la communauté juive du 16e arrondissement de Paris.
L'homme a été interpellé jeudi dans le cadre d'une enquête préliminaire initiée la veille "du chef d'association de malfaiteurs terroriste en vue de crimes contre les personnes", a précisé le Pnat. Une enquête confiée à la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) et à la SAT-BC, la section antiterroriste de la brigade criminelle.
D'après Le Monde, l'affaire est partie d'un contrôle de police dans le centre de Paris le 28 avril. Arrêté alors qu'il circulait en voiture avec un faux permis, cet homme habitant La Garenne-Colombes, en banlieue parisienne, avait été placé en garde à vue puis en centre de rétention administrative, n'ayant pas de titre de séjour valide. Né à Djerba en 1999, il est arrivé en France en 2022 depuis Lampedusa pour trouver du travail, selon le journal.
- Vidéos de propagande -
Toujours d'après Le Monde, l'analyse de son téléphone portable a révélé la présence de nombreuses vidéos de propagande jihadiste et de centaines de photos d'armes à feu et de couteaux. Sur ses réseaux sociaux, Dhafer M. utilise comme photo de profil l'image d'un combattant de l'EI qui exécute des prisonniers.
Sur son téléphone sont aussi retrouvées des recherches sur ChatGPT avec des questions comme "comment fabriquer une bombe", ou sur les dégâts provoqués par le TNT, relate Le Monde.
A aussi été découverte une vidéo de lui se filmant en train de lever le doigt -- signe d'affirmation de l'unicité divine devenu un symbole d'allégeance aux groupes jihadistes -- et de clamer Allah Akbar ("Dieu est le plus grand").
A l'issue de sa garde à vue, le suspect, qui selon Le Monde conteste tout projet terroriste, a été mis en examen et placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet national antiterroriste.
Le Pnat avait demandé l'ouverture d'une information judiciaire, pour permettre à des juges d'instruction de mener des investigations.
Contacté par l'AFP, l'avocat du suspect, Réda Ghilaci, n'a pas donné suite dans l'immédiat.
Après une période de net recul entre 2021 et 2023, la menace jihadiste s'inscrit à la hausse depuis 2024, selon la synthèse 2025 du Pnat. Si 2024 n'avait été marquée par aucun décès des suites d'une action terroriste en France, trois attentats d'inspiration jihadiste ont été commis en 2025, à Apt, Mulhouse et Lyon, faisant deux morts. Sept attentats ont par ailleurs été déjoués cette année-là grâce à l'action de la DGSI.
"L'autonomisation de certains auteurs, non affiliés à une organisation terroriste, et une plus grande flexibilité idéologique, particulièrement chez les mineurs et jeunes adultes, sont les principaux marqueurs des nouvelles formes de jihadisme", selon le parquet national antiterroriste.
En avril, un adolescent de 15 ans a été interpellé dans le Rhône: il projetait une "action violente" visant les communautés juive ou homosexuelle, et se disait prêt à mourir "en martyr". Il a été mis en examen à Paris et placé en détention provisoire.