Un trésor viticole caché sous un château tchèque restauré et dévoilé au public
information fournie par Reuters 02/06/2026 à 17:36

BECOV NAD TEPLOU, République tchèque, 2 juin (Reuters) - U ne collection de vins de la fin du XIXe siècle, restée cachée pendant des années sous le plancher d'une chapelle du château de Becov, en République tchèque, a été minutieusement restaurée par le prestigieux domaine viticole français du Château d'Yquem et est désormais exposée au public.

Les 133 bouteilles, dont la plupart datent de 1892 à 1899, ont été découvertes en 1985 à l'endroit où elles avaient été cachées à la fin de la Seconde Guerre mondiale par les propriétaires de l'époque du château de Becov, situé près de la frontière allemande.

Selon Toni El Khawand, maître de chai de Château d'Yquem - un des grands noms du vignoble de Bordeaux - la cachette a permis des conditions de conservation exceptionnelles.

Et la qualité du vin a été confirmée lors d’un test réalisé en 2016 avec un dispositif Coravin, qui permet de prélever un échantillon à l'aide d’une aiguille perçant le bouchon sans l'endommager.

"Il a bénéficié de très bonnes conditions de conservation dans cette ancienne chapelle, qui était, je pense, très humide et très fraîche, avec des murs épais et située en sous-sol, ce qui a permis de maintenir un niveau d’humidité et une température très stables", a noté Toni El Khawand.

"C'étaient des conditions idéales pour conserver un vin", a-t-il ajouté.

Le Château d'Yquem a procédé au rebouchage de plusieurs bouteilles, tout en veillant à préserver leur authenticité, jusqu'à conserver la poussière accumulée sur le verre, a encore dit Toni El Khawand.

La collection est exposée au château de Becov, ancienne résidence de la famille Beaufort-Spontin. Soupçonnée d'être des sympathisant nazis, celle-ci avait vu le domaine lui être confisqué par la Tchécoslovaquie après la fin de la Deuxième guerre mondiale.

Avant de fuir en Autriche, les Beaufort-Spontin avaient dissimulé leur vin à proximité d'un reliquaire de saint Maurus, qui contiendrait les ossements de saint Jean-Baptiste.

En 1984, ils ont fait appel à un homme d'affaires américain, Danny Douglas, pour tenter de récupérer le trésor, ce dernier déposant alors discrètement une demande auprès des autorités pour un objet et un lieu non identifiés.

Epluchant les échanges entre les autorités et Danny Douglas au sujet de l'obtention des permis nécessaires, la police a fini par comprendre ce que l'homme d'affaires recherchait, ce qui abouti à la découverte de la collection de bouteilles.

(Reportage Radan Sprongl, avec la contribution de Jan Lopatka, version française Elena Smirnova, édité parBenoit Van Overstraeten)