Un "récit cohérent" face au tumulte : la BCE appelle à "garder la main ferme" sur les données économiques agitées par la guerre au Moyen-Orient information fournie par Boursorama avec Media Services 16/04/2026 à 17:33
Le Conseil des gouverneurs de la banque centrale appelle à ne pas "réagir de manière excessive" dans un contexte économique précaire.
La Banque centrale européenne (BCE) a insisté en mars sur la nécessité de garder "la main ferme" en pleine guerre au Moyen-Orient, se donnant le temps d'évaluer ses répercutions économiques avant toute riposte monétaire, selon le compte-rendu de sa réunion publié jeudi 16 avril.
Compte tenu d'un environnement "très incertain", il importe que le Conseil des gouverneurs de l'institut monétaire "garde la main ferme (et) fasse preuve de clarté" sur les données dont il dispose, énonce le document. L'instance de décision monétaire doit ainsi "exposer un récit cohérent et éviter de réagir de manière excessive à des informations susceptibles d'évoluer rapidement". Lors de cette réunion, le taux de dépôt, qui fait référence, a été maintenu à 2%, comme depuis juillet.
La décision "ne devait pas être interprétée comme un affaiblissement de la volonté du Conseil des gouverneurs d'agir si nécessaire" pour garder l'inflation à l'objectif de 2% sur le moyen terme, selon le compte-rendu. En mars, la BCE a sonné l'alerte sur le risque croissant pour l'économie de la zone euro --une croissance plus faible et une inflation plus élevée-- en raison du choc énergétique causé par la guerre au Moyen-Orient.
Sur les taux, une BCE "totalement agile"
L'institution a en conséquence publié trois scénarios de projections économiques, celui de référence et deux autres dits "défavorable" et "sévère", selon la durée et l'amplitude du conflit armé. La BCE tiendra sa prochaine réunion de politique monétaire le 30 avril. Sa présidente Christine Lagarde a déclaré cette semaine à Bloomberg Television que la BCE devait être "totalement agile" sur les taux, tout en soulignant qu'elle n'avait pas de "biais" en faveur d'une hausse.
Dans la continuité du discours de mars, la membre du directoire de la BCE, Isabel Schnabel, a souligné mercredi l'importance de "prendre le temps nécessaire afin d'analyser la nature de ce choc" et ajouté qu'il n'était "pas nécessaire de se précipiter" pour décider d'une hausse des taux. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a lui souligné que "se concentrer sur avril serait prématuré". Les investisseurs anticipent deux hausses de taux cette année, la première intervenant en juin.