Un quart des parents jugent la fessée efficace dans un but éducatif
information fournie par AFP 17/04/2026 à 10:28

Sept ans après la "loi-anti fessée", un quart des parents continuent de juger ce geste efficace et acceptable dans un but éducatif ( AFP / LOIC VENANCE )

Sept ans après la "loi-anti fessée", un quart des parents continuent de juger ce geste efficace et acceptable dans un but éducatif, selon un baromètre sur les violences éducatives ordinaires publié vendredi par la Fondation pour l'enfance.

"Les violences éducatives ordinaires (VEO) restent profondément banalisées, voire normalisées", déplore la Fondation à l'occasion de la troisième édition du baromètre Ifop réalisé tous les deux ans.

"32% des parents estiment encore que certains enfants ont besoin de punitions corporelles pour apprendre à bien se comporter, 25% jugent que la fessée est une méthode efficace pour éduquer un enfant, et 23% considèrent que les parents qui utilisent des punitions corporelles ont raison de le faire."

Qualifiée de "loi anti-fessée", la loi du 10 juillet 2019 avait inscrit noir sur blanc dans le code civil le fait que "l'autorité parentale" s'exerce "sans violences physiques ou psychologiques". Avec ce texte, la France était devenue le 56e pays à bannir ce type de violences.

Un arrêt de la Cour de Cassation a enfoncé le clou en janvier dernier en rappelant qu'aucun droit de correction parental n'existait dans la loi française.

Mais sur le terrain, "la légitimation de ces pratiques comme outils pédagogiques persiste", regrette la Fondation pour l'enfance, à l'origine de l'enquête Ifop menée en partenariat avec l'équipe de recherche Prévéo, et les "violences ordinaires" perdurent.

Au cours des 12 derniers mois, 68% des parents déclarent avoir déjà "hurlé ou crié après l’enfant", 30% avoir donné "une tape sur la main, le bras ou la jambe", et 19% "avoir utilisé des mots dévalorisants comme +stupide+ ou +paresseux+".

Au total, 83% des parents rapportent au moins une violence verbale ou psychologique, et 37% au moins une violence physique au cours de l'année écoulée. Quarante-pour-cent des parents pensent par ailleurs que l’enfant apprend ce qui est bien ou mal grâce aux punitions corporelles.

Le sondage Ifop a été réalisé en ligne du 30 janvier au 9 février auprès de 1.005 personnes, représentatif des parents d’enfants âgés de 0 à 17 ans.