Un mort et 24 blessés dans une explosion lors d'une sortie scolaire dans le nord d'Israël information fournie par AFP 12/10/2026 à 20:58
Un lycéen a été tué lundi dans une explosion qui a fait plus de 20 blessés lors d'une sortie scolaire dans le nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban, une région abritant des munitions non explosées liées à la guerre avec le Hezbollah.
Selon la municipalité locale, un groupe d'élèves et d'enseignants d'un lycée religieux, qui faisaient une randonnée près de Néot-Mordechaï, ont été pris dans la déflagration d'une munition qui se trouvait sur leur parcours.
Le ministère de l'Education a fait état sur X d'un "incident extrêmement grave", et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en campagne pour les élections législatives du 27 octobre, a interrompu une apparition médiatique pour s'informer des derniers développements.
Son bureau a annoncé en fin de journée qu'il avait rendu visite à des blessés à l'hôpital Rambam de Haïfa, sur la côte méditerranéenne, en diffusant une vidéo où on le voit auprès d'un adolescent de 14 ans.
"Je partage la profonde douleur de la famille du garçon qui a perdu la vie dans l'explosion survenue lors de cette sortie", et "je souhaite un rétablissement rapide et complet à tous les blessés", a écrit sur X le ministre de la Défense, Israël Katz.
Le chef de la diplomatie Gideon Saar a précisé sur le même réseau social que l'adolescent décédé était âgé de 15 ans, et a déploré une "terrible tragédie".
Au total, 24 personnes ont été blessées, dont deux adolescents de 14 ans "grièvement" atteints par des éclats d'obus sur l'ensemble du corps, selon le Magen David Adom (MDA), équivalent israélien de la Croix-Rouge. Deux adultes d'une cinquantaine d'années ont aussi été touchés.
"Tout le monde a essayé d'aider ses amis autant que possible. Certains sont même allés jusqu'à leur poser des garrots pour arrêter l'hémorragie", a relaté dans un communiqué David Radko, ambulancier du MDA.
Le commandant en chef de la police, Danny Levy, a indiqué que l'explosion avait été provoquée par "un engin non explosé du (mouvement islamiste libanais) Hezbollah datant d'il y a trois ans" et estimé qu'il y avait "90% de chances qu'il provienne d'une bombe à sous-munitions".
Les armes à sous-munitions sont conçues pour libérer des dizaines de petites charges explosives. Outre le fait qu'elles ont un périmètre d'effet étendu, une partie de ces charges n'explosent pas lors de l'impact et peuvent donc faire des victimes dans la durée.
Selon Meir Eliyahu, un commandant de police du district Nord, l'engin a explosé entre les mains d'un élève.
"Inspection minutieuse"
Au lendemain de l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, le Hezbollah, soutenu par l'Iran, a ouvert un front contre Israël, affirmant agir en soutien aux Palestiniens.
Malgré un cessez-le-feu conclu en 2024, les affrontements ont repris dans le sillage de l'offensive israélo-américaine lancée contre l'Iran le 28 février dernier, qui a embrasé le Moyen-Orient.
Si les violences ont diminué depuis l'annonce d'un cessez-le-feu en juin, les nombreux tirs de roquettes, de missiles et de drones effectués par le Hezbollah depuis le Liban au cours de ces affrontements ont laissé derrière eux des munitions susceptibles de représenter encore un danger pour la population.
Le chef du parti d'opposition de gauche Les Démocrates, Yaïr Golan, a appelé sur X à procéder à une "inspection minutieuse" des sentiers de randonnée du nord pour repérer et neutraliser les munitions non explosées, soulignant que "tous les citoyens israéliens" méritaient "de se déplacer librement et de mener une vie normale".
La sortie scolaire organisée par l'établissement religieux avait reçu l'autorisation des autorités, selon la police.
Israël maintient des troupes dans une bande qui s'étend sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais le long de la frontière, qu'il qualifie de "zone de sécurité".