Un Mirage s'écrase près de Nancy avec deux aviateurs à bord
information fournie par AFP 21/10/2026 à 21:33

Un avion de chasse Dassault Mirage 2000D en vol près de la base aérienne 133 de Nancy, à Thuilley-aux-Groseilles, lors d’un exercice militaire, le 25 septembre 2015 ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

Un Mirage 2000D s'est écrasé mardi soir au retour d'un vol d'entraînement près de Nancy, ne laissant pas d'espoir de retrouver vivants les deux aviateurs qui se trouvaient à bord.

L'accident de l'avion de chasse de la base aérienne 133 de Nancy-Ochey s'est produit à proximité de la localité de Rogéville vers 22H40, selon un communiqué du ministère des Armées.

Lors d'un point presse depuis Doha, où il est en visite, le chef de l'État Emmanuel Macron a exprimé "les condoléances de la Nation".

Ni le pilote, âgé de 27 ans, ni son navigateur, âgé de 44 ans, n'ont eu le temps de s'éjecter avant de toucher le sol, a indiqué mercredi soir à l'AFP le procureur de la République de Metz, David Touvet, chargé de l'enquête.

Les moteurs des sièges éjectables ont en effet été retrouvés sur les lieux de l'accident.

"Compte tenu de la violence du choc, aucun élément de l'enquête ne permet de considérer comme probable qu'on retrouve un des deux membres d'équipage vivant", a tenu à souligner M. Touvet.

Des analyses ADN, pouvant prendre plusieurs semaines, vont devoir être menées pour identifier les victimes, a-t-il observé.

Dans la journée, le président de la République avait annoncé que le corps du pilote avait été retrouvé.

Des gendarmes et des sapeurs-pompiers lors d'une opération de secours visant à retrouver un avion de chasse Mirage 2000D qui s'est écrasé lors d'un vol d'entraînement, à Rogéville, le 21 octobre 2026 en Meurthe-et-Moselle ( AFP / ROMEO BOETZLE )

L'équipage était composé d'un "navigateur très aguerri et d'un jeune pilote qui est arrivé sur base avec tous les prérequis et les qualifications nécessaires pour piloter" un tel appareil, a précisé le commandant de la base aérienne 133 Nancy-Ochey, Ludovic Humbert, lors d'une conférence de presse sur place.

"Le pilote avait 450 heures de vol", a précisé à Paris devant des journalistes le colonel David Pappalardo, porte-parole de l'armée de l'air et de l'espace (AAE). Il était "en phase de qualification pilote de combat opérationnel".

"A l'issue de la phase tactique de l'entraînement, lors du retour en condition de nuit, aux instruments, le contrôle aérien a perdu le contact radio et radar", a expliqué le colonel Pappalardo, ajoutant qu'il n'y a pas eu d'émission de signal de détresse et "qu'il n'y a pas eu de tentative d'éjection".

"Boule de feu dans le ciel"

"Avec mon mari, nous avons senti les murs de notre maison trembler un peu avant 23H00. Nous avons entendu une sorte de grosse détonation, comme lorsqu'un avion franchit le mur du son, mais en pire", a témoigné pour l'AFP Sandra Rotatinti, voisine de l'exploitation agricole où est basé le poste de commandement.

S'ils n'ont rien vu, leur voisin, qui promenait son chien dehors à ce moment-là, a vu "une boule de feu dans le ciel" et a appelé les pompiers.

Yves Seguy, préfet de Meurthe-et-Moselle, montre une carte près de Rogeville, après le crash d’un avion de chasse Mige 2000D survenu la veille au soir, le 21 octobre 2026ra ( AFP / Doris HENRY )

Le vol s'inscrivait dans le cadre de missions d'entraînement, qui se déroulent la plupart du temps pendant la nuit, les mardis et les jeudis.

Mercredi, un hélicoptère de la gendarmerie survolait la zone, selon des journalistes de l'AFP sur place, ce que des conditions météorologiques difficiles - "nuit, brouillard, temps extrêmement mauvais" - n'avaient pas permis auparavant, selon le préfet de Meurthe-et-Moselle Yves Séguy.

Il a précisé que l'avion s'était écrasé dans un bois.

Ouverture d'une enquête

Les autorités ne se sont pas exprimées à ce stade sur les raisons possibles de l'accident. "On n'a aucune idée des raisons de cet accident", a déclaré le procureur. "On ne peut exclure aucune hypothèse".

Le Mirage 2000D est un avion de combat biplace d'attaque au sol entré en service en 1993.

Sa carrière a été ponctuée de plusieurs accidents, notamment en janvier 2019 dans le Jura au cours d'un vol de nuit à basse altitude lors duquel le pilote et son navigateur ont été tués. Au cours d'un autre accident en juillet 2021 dans la région de Nancy, l'équipage était parvenu à s'éjecter.

Afin de rester en service jusqu'aux années 2030, le modèle 2000D a reçu une rénovation dite à "mi-vie", dont le cinquantième et dernier exemplaire a été livré à l'armée de l'Air et de l'Espace en juin.

"Cet accident n'est pas lié à l'âge ou l'ancienneté" de l'appareil a assuré le colonel Pappalardo.