Un Lyonnais, qui échangeait avec Dominique Pelicot, jugé pour viol par soumission chimique information fournie par AFP 11/06/2026 à 11:18
Un homme, qui a été en contact sur internet avec Dominique Pelicot, a refusé jeudi de reconnaître "l'intégralité des faits" à l'ouverture de son procès à Lyon pour viol par soumission chimique sur sa compagne.
"Je suis là pour apporter un éclairage sur ce que j'ai vraiment perpétré et ce que je n'ai pas fait", a déclaré devant la cour criminelle du Rhône cet ancien garde du corps de 39 ans, également accusé d'avoir filmé et diffusé les images de sa compagne à son insu.
"Tout le débat et tout l'enjeu de cette audience" vont être de "déterminer la mesure et l'ampleur (...) de ses liens" avec l'ex-mari de Gisèle Pelicot, a souligné l'avocate de la partie civile, Julia Studient, avant le début du procès.
"C'est peut-être un ballon de baudruche qui va se dégonfler", a répondu l'avocat de l'accusé, Gabriel Versini-Bullara, tout en précisant ne pas nier "les liens" entre les deux hommes.
Selon les conclusions des enquêteurs, l'accusé était "désireux de bénéficier de +l'expérience+ de M. Pelicot" dans le but d'endormir sa femme avant d'en abuser.
Entendu lors de l'instruction, Dominique Pelicot, qui purge une peine de 20 ans de prison pour avoir violé et livré sa femme droguée à des dizaines d'inconnus, n'est pas appelé à témoigner, d'après son avocate Béatrice Zavarro.
Quand il a été arrêté, le 12 septembre 2020, les enquêteurs ont trouvé dans son téléphone des échanges avec un homme lui proposant de venir à Lyon afin de droguer et de violer sa compagne.
Le Lyonnais n'a été arrêté que trois ans plus tard, en juin 2023, et son téléphone perquisitionné. Les enquêteurs y retrouvent des vidéos de sa compagne inconsciente, alors que l'accusé se livre à des actes sexuels.
"Déshumanisée"
Après de premiers aveux, l'ancien garde du corps est revenu sur ses propos et clame son innocence, en évoquant un "jeu sexuel" avec la mère de son fils, ce qu'elle réfute.
La victime s'est plainte aux enquêteurs de plusieurs "trous noirs" après s'être endormie et d'une "grande fatigue entre 2020 et 2023, sans en comprendre l'origine".
L'"endormissement profond" de la jeune femme sur les vidéos "exclut toute forme de consentement" et "caractérise la surprise", a conclu l'instruction.
Son ex-conjoint est également accusé d'avoir, à l'aide d'une caméra cachée, filmé "sa femme dénudée" dans "l'intimité de leur chambre", dès le début de leur relation en 2015.
Des contenus qu'il est soupçonné d'avoir diffusé sur Internet, par le biais de faux profils créés à l'effigie de sa conjointe.
Cette dernière, qui s'est présentée à l'audience en lunette noire et casquette, a déclaré qu'à plusieurs reprises, des hommes se sont rendus devant son lieu de travail, pensant avoir "rendez-vous" avec elle.
"C'est un dossier accablant qui démontre à quel point ma cliente a été déshumanisée", a pointé auprès de l'AFP son avocate, Me Julia Studient. Avec ce procès, elle espère "débuter une nouvelle phase, celle de la reconstruction".
Enfin, le mis en cause est accusé d'avoir détenu et diffusé de nombreuses images pédopornographiques.
Il encourt 20 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu vendredi en fin de journée.