Un lycée en partie saccagé près de Bordeaux et des violences après la manifestation information fournie par AFP 08/10/2026 à 19:43
Un établissement proche de Bordeaux a été en partie "saccagé" lors d'une intrusion jeudi en marge de la mobilisation lycéenne, provoquant plusieurs centaines de milliers d'euros de dégâts, avant que des violences interviennent en centre-ville après la manifestation.
La journée a débuté au lycée polyvalent de Lormont, en banlieue, par une assemblée générale qui s'est "très bien passée" entre élèves, enseignants et direction, a relaté le proviseur, Thierry Malewicz, lors d'un point-presse sur place en fin de journée.
Mais à l'extérieur, "un groupe d'excités, cagoulés bien sûr, masqués, lançaient des caillasses sur les forces de l'ordre".
L'intrusion, dont une courte vidéo a circulé sur les réseaux sociaux, s'est produite quand des élèves sont partis manifester à Bordeaux et que les forces de l'ordre ont quitté les lieux.
Selon le procureur de Bordeaux Renaud Gaudeul, qui a ouvert une enquête, "un groupe de 30 à 40 personnes" a pénétré dans l'établissement, "plutôt jeunes, sans être non plus nécessairement toutes mineures", avec à l'évidence "une volonté de saccager".
Plusieurs salles de classe ont été mises à sac, des vitres et du matériel informatique cassés. Au moins "une dizaine" d'ordinateurs, d'une valeur d'environ 3.000 euros pièce, ont été volés, d'autres endommagés.
Une pièce abritant un stock de papiers coûteux, utilisés par l'imprimerie de la section graphique du lycée, a surtout été incendiée pour un préjudice évalué "entre 100.000 et 200.000 euros", selon le proviseur. Le chiffrage total des dégâts est en cours.
Les élèves et les personnels encore présents ont été confinés puis évacués pendant que les pompiers intervenaient.
"Crève-cœur"
"C'est l'inverse de ce pour quoi des lycéens se battent au quotidien depuis dix jours", a dénoncé le recteur de l'académie de Bordeaux, Jean-Marc Huart. Alors que "le dialogue est noué", il est "très regrettable que d'autres dégradent", a abondé la préfète de Gironde, Sophie Brocas.
Le vice-président du conseil régional chargé de l'Éducation, Jean-Louis Nembrini, a évoqué "un crève-coeur", alors que la Région consacre chaque année "plus de 170 millions d'euros aux investissements dans les lycées".
Une autre intrusion, sans dégradations, a eu lieu jeudi dans un lycée de Talence, de l'autre côté de la métropole bordelaise, contraignant le proviseur à évacuer l'établissement et suspendre les cours.
La manifestation à Bordeaux, qui a rassemblé 2.800 personnes contre 8.700 mardi selon la préfecture, s'est déroulée dans le calme sur le parcours autorisé, avant que d'autres ne fassent dégénérer la situation en allumant de nombreux feux de poubelles en centre-ville. Les forces de l'ordre ont répliqué à des jets de projectiles par des tirs de grenades lacrymogènes.
"On sera là jusqu'à la fin de la France", pouvait-on lire sur la pancarte d'un jeune vêtu de noir et cagoulé.
Un feu a notamment été allumé devant une antenne du commissariat central de Bordeaux, dont la façade a été endommagée. "Les pompiers sont intervenus rapidement et on a extrait deux collègues des lieux", a indiqué à l'AFP une source policière.
Ailleurs dans la région, le parquet de Poitiers a ouvert une enquête après l'incendie dans la nuit de deux véhicules stationnés sur le parking d'un lycée de la ville.
Ceux de La Rochelle sont fermés jusqu'au week-end après de nouvelles tensions à leurs abords mercredi. Des lycéens se sont encore mobilisés en Dordogne et dans les Pyrénées-Atlantiques notamment.