Un escroc multirécidiviste abattu en pleine rue à Neuilly-sur-Seine information fournie par AFP 16/04/2026 à 16:50
Un homme d'affaires et escroc multirécidiviste, connu pour avoir tué en voiture en 2011 une jeune Israélienne à Tel-Aviv, a été abattu jeudi par balles en pleine rue à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), dans un quartier résidentiel de cette ville cossue limitrophe de Paris.
Vers 09H30, Eric Robic "a été assassiné sur la voie publique à Neuilly-sur-Seine", les premiers témoignages évoquant "plusieurs tirs à l'arme de poing, portés par deux hommes sur un scooter qui ont immédiatement pris la fuite", a indiqué la procureure de la République de Paris Laure Beccuau dans un communiqué.
"L'un deux a mis pied à terre avant de tirer à trois ou quatre reprises sur un homme marchant sur le trottoir, porteur d'une kippa, le touchant à la tête et au bras, avant de prendre la fuite sur leur engin", en direction de la commune voisine de Levallois-Perret, selon une source policière.
"Malgré l'intervention des secours, la victime a été déclarée décédée à 10H15 par le médecin du SAMU", poursuit cette même source.
Peu après les faits, "un scooter pouvant correspondre à celui en fuite, a été découvert incendié (...) sur la rampe d'un parking souterrain" du 17e arrondissement de Paris, précise-t-elle.
Le parquet de Nanterre, chargé des premières investigations, s'est dessaisi au profit de la Juridiction interrégionale spécialisée de Paris. La brigade criminelle de la police judiciaire de Paris est chargée d'enquêter.
Agé de 51 ans, Eric Robic avait défrayé la chronique et tendu les relations franco-israéliennes pour avoir tué, au volant d'un 4X4, une jeune Israélienne, Lee Zeitouni, à Tel-Aviv en 2011. Il avait alors pris la fuite et regagné la France.
Après les relevés faits par la police scientifique sur la scène de crime, le corps de la victime a été évacué devant le regard de ses proches. Une femme s’est mise à hurler de douleur tandis qu’un homme est sorti les larmes aux yeux du périmètre de sécurité pour s'isoler quelques instants, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le périmètre avait été bouclé sur une centaine de mètres sur le boulevard Victor-Hugo traversant le quartier résidentiel où les faits se sont déroulés. Aux abords immédiats, près d'une dizaine de véhicules de police ont été positionnés pour sécuriser la zone.
- "Rien oublié" -
Eric Robic, homme d'affaires au passé sulfureux, avait été condamné à plusieurs reprises par la justice française.
"Son casier judiciaire comporte douze condamnations, depuis l'année 1994", a souligné la procureure dans son communiqué. "Il avait été condamné pour des infractions financières, notamment au préjudice de concessionnaires automobiles et organismes bancaires, ainsi que pour homicide involontaire aggravé par conducteur."
En décembre 2014, il avait en effet été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à cinq ans de prison ferme pour avoir renversé au volant de sa voiture Lee Zeitouni à Tel-Aviv. La peine avait été assortie d'un mandat de dépôt (incarcération) et le passager du véhicule, Claude Khayat, avait lui écopé d'une peine de 15 mois ferme.
Lee Zeitouni, professeure de gym et de yoga, avait 25 ans. Elle a été tuée en traversant la rue sur un passage piéton au petit matin du 16 septembre 2011, alors qu'elle se rendait à son travail, fauchée par la BMW X6 de Robic.
"Ce matin, j'ai appris la mort d'Eric Robic en France, et pour moi, c'est comme si un cycle se refermait", a déclaré l'ex-fiancé de Mme Zeitouni, Roy Peled, à l'AFP. "Pour moi, Lee restera toujours une partie intégrante de mon cœur, et je n'ai rien oublié de ces jours-là, mais je ne m'occupe pas de cet homme", a-t-il ajouté.
Avocat de la famille Zeitouni à l'époque des faits, et désormais chroniqueur sur CNews notamment, Gilles-William Goldnadel a indiqué sur X que "(son) stock compassionnel est trop limité pour le pleurer" et a eu "une pensée pour Lee Zeitouni".
Eric Robic avait par ailleurs été condamné en janvier 2024, dans le cadre d'une vaste escroquerie internationale d'un million d'euros portant sur l'achat de voitures par des sociétés écrans, à 18 mois de prison entièrement assortis d'un sursis probatoire de deux ans avec l'obligation de travailler, de payer les sommes dues à l'Etat et d'indemniser les victimes.
L'arnaque consistait à acheter des voitures à crédit via des sociétés écrans et de faux bilans comptables. Les véhicules étaient revendus à bas prix à des garages peu regardants. L'argent était ensuite blanchi en Pologne, Chine ou Israël et récupéré en espèces en France.
Plus d'une vingtaine de sociétés s'étaient constituées parties civiles dans cette affaire qui a fait une centaine de victimes en 2013-2014.