Un élève ouvre le feu dans un collège d'Aubagne, le proviseur et une enseignante blessés information fournie par Reuters 12/10/2026 à 15:14
(Actualisé avec parquet de Marseille, procureure adjointe)
par Marc Leras
Un élève de 14 ans a tiré au fusil de chasse lundi matin dans l'enceinte de son établissement, le collège Joseph-Lakanal d'Aubagne (Bouches-du-Rhône), blessant le principal et une enseignante, a confirmé le parquet de Marseille, qui a ouvert une enquête des chefs de "tentatives d'assassinat".
L'adolescent, élève en troisième, a été maîtrisé par un membre du personnel éducatif puis interpellé par les forces de l'ordre. On ignore à ce stade le mobile de son acte, a dit sur place à la presse la procureure adjointe de Marseille, Audrey Jouaneton.
Selon les premiers éléments de l'enquête, l'élève est entré dans le collège - un bâtiment de deux étages - avec un fusil de chasse dissimulé dans un étui à guitare.
"Peu après 09h00, le collégien a tiré à une ou deux reprises dans les espaces communs du 1er étage, blessant le principal et une professeure, présents dans le couloir. Touchés tous les deux aux membres inférieurs, ils ont été transportés à l'hôpital, sans pronostic vital engagé", relate le parquet dans un communiqué.
L'adolescent s'est ensuite rendu au deuxième étage et a tiré à deux reprises "une première fois devant une professeure en direction du sol, et une deuxième fois à l'intérieur d'une salle de classe occupée, le tir atteignant le tableau", poursuit-il.
L'enseignante n'a pas été blessée, de même que les élèves, mais ils sont "fortement choqués".
Un personnel de l'établissement - un conseiller principal d'éducation (CPE), selon une source policière - est parvenu à maîtriser et à désarmer l'élève alors qu'il redescendait les escaliers, avant l'arrivée des forces de l'ordre qui l'ont arrêté et placé en garde à vue.
MOBILE INCONNU
"Les élèves ont été mis en sécurité et ont pour la plupart rejoint leurs familles", indique le parquet.
L'auteur des coups de feu "ne s'est pas exprimé" pour l'heure, a rapporté Audrey Jouaneton. Il est apparu "plus ou moins hagard après avoir commis ces forfaits" selon le témoignage du membre du personnel qui a interrompu "sa progression", a-t-elle ajouté.
"On ne sait pas réellement quel était le mobile et s'il voulait viser des adultes", a déclaré la magistrate.
Le proviseur et l'enseignante touchés n'ont pas été encore entendus.
"Il y a toute une série d'hypothèses qui vont être exploitées. (...) On nous a parlé de harcèlement", a ajouté la procureure adjointe, qui fait état "d'au moins quatre tirs".
L'incident ne serait pas lié au mouvement de contestation lycéen en cours. Le collège Joseph-Lakanal n'est pas l'objet d'un blocage.
Edouard Geffray, qui était attendu lundi après-midi dans l'académie de Lille dans le cadre de ses déplacements liés aux manifestations lycéennes, a annoncé se rendre à Aubagne avec le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, et la ministre déléguée à l'Enseignement et à la Formation professionnels, Sabrina Agresti-Roubache.
"Cet acte inadmissible témoigne une nouvelle fois du développement d'une violence débridée dans notre société, contre laquelle nous devons tous nous mobiliser. Dans les mots comme dans les faits", a réagi sur X le ministre de l'Education nationale.
Le président Emmanuel Macron a salué sur X "le sang-froid et la réaction exemplaire de l’équipe éducative, qui a permis d’éviter le pire."
(Marc Leras, Nicolas Delame et Sophie Louet, édité par Benoit Van Overstraeten)