"Un coût démeusuré" : le "tarif agent" de l'énergie ne peut pas "perdurer en l'état", épingle la Cour des comptes information fournie par Boursorama avec Media Services 17/07/2026 à 15:46
Les quatre fédérations syndicales (CGT, CFE-CGC, CFDT, FO) de l'électricité et du gaz menacent de se "mobiliser" contre une remise en cause par l'exécutif du "tarif agent", le gouvernement réfléchissant en effet à rogner cet élément de rémunération.
Un rapport qui ne va pas apaiser les inquiétudes des syndicats de l'énergie. D'après la Cour des comptes ce vendredi 17 juillet, le "tarif agent" ne peut pas "perdurer en l'état" : cette réduction sur les prix d'électricité et de gaz accordée aux employés d'EDF "représente un coût démesuré" pour EDF SA, maison mère du groupe.
"L'avantage en nature énergie représente un coût démesuré, soit plus de 700 millions d'euros en 2024 à l'échelle du groupe, obligeant également à la constitution de passifs sociaux au titre de son maintien après l'emploi (3,9 milliards d'euros à fin 2024). Il ne peut perdurer en l'état", jugent les Sages de la rue Cambon dans ce rapport consacré à la gestion des ressources humaines de l'entreprise publique. Cette composante historique du statut des électriciens et gaziers concerne les salariés mais aussi les retraités des entreprises issues des opérateurs historiques EDF et GDF (dont Engie, Enedis, GRDF, etc.) et d'autres entreprises, dont des distributeurs locaux d'énergie.
La publication de ce rapport intervient le jour où se réunissent les quatre fédérations syndicales (CGT, CFE-CGC, CFDT, FO) de l'électricité et du gaz, pour fixer les modalités d'une "mobilisation" contre une remise en cause par l'exécutif de cet élément de rémunération. Le gouvernement réfléchit en effet à rogner ce "tarif agent", indiquant avoir reçu "une mise en demeure de la Cour des comptes" de se "mettre en conformité sur la valorisation de cet écart (...) entre ce tarif et la valeur réelle de l'énergie", selon le ministère de l'Energie.
Un courrier adressé au Premier ministre
Une "remise en cause", à laquelle les fédérations de l'énergie ont demandé au Premier ministre "de renoncer", dans un courrier adressé cette semaine à Sébastien Lecornu. "À défaut, nous saurons nous mobiliser, avec l'ensemble des électriciens et gaziers, pour mettre fin à cette attaque de leur contrat social", ont prévenu les quatre fédérations. La question devrait être tranchée dans un arrêté ministériel.
La Cour recommande de "réduire par étapes l'avantage énergie, en priorité en plafonnant les consommations prises en compte" et de "revaloriser le barème fiscal et social" de cet avantage "sur la base des moyennes annuelles des tarifs réglementés de vente de l’électricité et des tarifs repères du gaz, toutes taxes comprises". Dans ce rapport sévère, l'institution recommande également à EDF de "limiter les revalorisations salariales annuelles" et de tenir compte "de la situation et des perspectives économiques et financières de l'entreprise", lourdement endettée et face à un mur d'investissements, sur fond de relance du nucléaire.
Le "tarif agent" consiste en une large remise sur la facture, modulée en fonction de la composition du foyer et du mode de chauffage, et soumise aux prélèvements sociaux (CSG et CRDS).