"Un chèque en blanc exorbitant" : des élus de gauche et des ONG s'opposent à l'utilisation du Livret A pour financer la relance du nucléaire information fournie par Boursorama avec Media Services 03/11/2026 à 09:19
Ils craignent que le financement de la construction et de la rénovation des logements sociaux ne s'en trouve amputé.
Un collectif réunissant des élus de gauche et des organisations associatives et syndicales a dénoncé lundi 2 novembre l'utilisation de l'épargne réglementée pour financer de nouveaux réacteurs nucléaires et exigé le retrait de ce dispositif gouvernemental destiné à faciliter la construction des six nouveaux EPR2.
"Un chèque en blanc exorbitant", a dénoncé le député LFI Maxime Laisney lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale, où les organisateurs ont présenté un appel réunissant, selon eux, près de 150 signataires.
Dans son projet de budget 2027, le gouvernement prévoit de financer jusqu'à 60 % de la construction des six nouveaux réacteurs EPR2 grâce à un prêt mobilisant l'épargne réglementée des Français, notamment celle du Livret A, dans la limite de 60 milliards d'euros. L'État garantirait le remboursement et prendrait en charge les intérêts pendant la construction, puis assurerait à une filiale du groupe EDF un taux fixe de 3% pendant l'exploitation.
Le Livret A, comme le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), fait partie des produits d'épargne dits réglementés. Les fonds qui y sont placés par les épargnants sont rémunérés à 1,7%. Cela représente des centaines de milliards d'euros. Une partie de cette épargne est centralisée dans le Fonds d'épargne de la Caisse des dépôts, qui finance notamment le logement social.
"Décision unilatérale" de l'exécutif
Le collectif estime que financer le nucléaire avec ces fonds, sans concertation préalable, détournerait ces ressources de leur vocation sociale et réduirait les marges disponibles pour accélérer la construction et la rénovation des logements sociaux.
"Ceci mérite un débat et ce débat n'a pas lieu", a regretté Dominique Plihon, d'Attac, dénonçant une "décision unilatérale" de l'exécutif, qui "viole les règles de la démocratie".
Le gouvernement avait assuré en mars que le financement du logement social resterait prioritaire.
Le principal article du dispositif, l'article 69 relatif à la garantie de l'État, doit être examiné mercredi en commission des finances, selon Maxime Laisney, qui redoute un recours au 49.3 pour faire adopter le budget sans vote.
Des représentants d'Attac, de France Nature Environnement, de Sud PTT et de l'Union des syndicats CGT du groupe Caisse des dépôts participaient à cette conférence, aux côtés de parlementaires LFI, écologistes et communistes. Parmi eux, le sénateur communiste Fabien Gay, favorable aux six EPR2, s'oppose néanmoins à leur financement par le Livret A.