Un camion-piscine pour les premiers ploufs des écoliers éloignés des bassins information fournie par AFP 10/02/2026 à 11:46
Il est "surprenant", mais répond à un réel besoin: un camion-piscine sillonne la Moselle pour apprendre à nager aux écoliers des communes rurales éloignées de tout bassin municipal.
Ils n'ont que deux minutes de marche depuis leur salle de classe jusqu'au camion bleu qui renferme douche, toilettes, vestiaires, et surtout un bassin de natation de huit mètres sur deux: en ce matin d'hiver, les élèves de CP de Verny, village lorrain de 2.000 habitants, découvrent les joies de la piscine, sans avoir à effectuer un long trajet en autocar.
La profondeur est d'abord limitée à 30 cm, mais en appuyant sur un bouton on peut abaisser le fond de la piscine. Accueillis par groupes de cinq sur des créneaux d'une heure au total (temps de vestiaire inclus), les élèves sont un peu étonnés de prime abord en grimpant les quelques marches qui les conduisent au camion. Mais une fois dans l'eau, ils nagent comme dans un bassin olympique.
Raccordée par les communes à l'eau et à l'électricité, la piscine itinérante "c'est surprenant", concède Marc Lévy, le maître-nageur, qui en détaille les équipements: "une pompe à chaleur, des pompes pour vidanger, un système de filtration continue, un système d'alimentation..."
"Je trouve cet outil hyper bien pour les enfants, parce qu'ils peuvent faire de l'activité aquatique à domicile, sans faire trop de trajet", se réjouit auprès de l'AFP Béatrice Simon, la directrice de l'école.
Habituellement, les élèves doivent se rendre à Metz ou à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), à une vingtaine de kilomètres, soit à chaque fois 30 minutes de transport à l'aller, et autant au retour, pour 30 minutes effectives dans le bassin.
- Prévention des noyades -
Le camion est arrivé à Verny début janvier, et doit y rester jusqu'aux vacances de février. A raison d'une séance quotidienne pendant huit à dix jours, tous les élèves de CP et de CE1 pourront progresser rapidement, et certains pourront prétendre à une attestation de "savoir nager".
"Quand on va travailler avec une classe à la piscine, on a rarement plus d'une ligne d'eau, et c'est souvent une demi-longueur, donc ça correspond à peu près à la longueur du bassin", explique Thomas Rochet, enseignant remplaçant en Moselle, mis à disposition par l'Education nationale pour encadrer les enfants dans ce bassin mobile.
Sa présence permet de ne pas perturber le bon déroulement de la classe: il vient chercher son petit groupe d'élèves pendant que l'enseignant continue la classe pour les autres.
Et cet apprentissage par petit groupe est "presque personnalisé" et donc "efficient", se félicite Clarisse Naud, conseillère pédagogique en éducation physique et sportive (EPS) dans la circonscription de Metz Sud, qui salue un "très beau projet".
Baptisée Aqua'Moselle, la piscine mobile "permet de pallier les contraintes liées à la ruralité et à l'absence d'infrastructures permettant l'apprentissage de l'aisance aquatique pour le plus grand nombre", souligne le conseil départemental, qui l'a intégralement financée, à hauteur de 775.000 euros.
L'apprentissage a surtout une vocation sécuritaire, alors que selon le département 36 à 40% des adolescents ne savent pas nager à leur entrée en sixième, et que le nombre de noyades reste élevé chaque année - c'est la première cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 25 ans en France, selon Santé publique France.
Des enfants placés dans des Maisons d'enfants à caractère social (Mecs) bénéficient également de créneaux, encadrés par le maître-nageur et les éducateurs - ou les parents, pour les plus jeunes.