"Un bon signe" du réchauffement Ukraine-Hongrie ? Zelensky promulgue une loi sur les langues des minorités, réclamée par Budapest information fournie par Boursorama avec Media Services 12/10/2026 à 17:27
Les deux pays sont engagés dans un processus de rapprochement après le grand froid de l'ère Orban.
Un signal encourageant entre Kiev et Budapest? Après les grandes tensions ayant émaillé les relations entre les deux pays pendant la période Viktor Orban, Volodymyr Zelensky a promulgué lundi 12 octobre une loi renforçant les droits linguistiques des minorités nationales dans l'éducation, une réforme réclamée par la Hongrie en tant que condition à l'avancée des négociations d'adhésion de l'Ukraine à l'UE.
Le texte vise notamment à "élargir les possibilités d'utilisation des langues des minorités nationales d'Ukraine, qui sont langues officielles de l'Union européenne, et des langues des peuples autochtones d'Ukraine dans le processus éducatif et la communication au sein des établissements d'enseignement", selon le Parlement ukrainien.
La loi a été promulguée lundi après avoir été votée dans la journée par 266 députés, soit plus que la majorité requise.
"Premières étapes" vers la réconciliation entre Kiev et Budapest
Propulsé aux commandes du pays après sa victoire aux élections législatives d'avril 2026 contre Voktor Orban, le Premier ministre hongrois Peter Magyar, avait salué plus tôt un "bon signe" après l'adoption du texte par le Parlement ukrainien.
"Il reste encore beaucoup à faire pour que les relations s'améliorent à nouveau et que la confiance soit rétablie des deux côtés mais je crois que les dirigeants des deux pays ont franchi les premières étapes vers un règlement de la situation" , a-t-il déclaré devant le Parlement.
La commissaire européenne à l'élargissement Marta Kos a de son côté salué une "avancée décisive" et jugé "essentiel" pour l'Ukraine de "faire avancer les réformes" qui lui sont demandées.
"Malgré les attaques incessantes de la Russie contre les civils, nous sommes déterminés à continuer d'avancer ensemble afin de préparer l'avenir de l'Ukraine au sein de notre Union", a-t-elle déclaré.
Le vote de cette loi répond à l'une des principales exigences de Budapest, qui liait l'avancée des négociations d'adhésion de l'Ukraine à un meilleur respect des droits de la minorité hongroise de Transcarpatie, une région de l'ouest qui abrite une importante population magyarophone.
En 2017, l'adoption d'une loi imposant l'ukrainien en tant que principale langue de l'enseignement secondaire avait poussé le gouvernement de l'ancien Premier ministre hongrois, Viktor Orban, proche de Moscou, à bloquer les discussions sur une adhésion de l'Ukraine à l'UE.
Mais avec l'arrivée au pouvoir d'une majorité gouvernementale pro-européenne conduite par Peter Magyar, la Hongrie a levé en juin son veto à l'ouverture des discussions, tout en continuant d'accuser Kiev de ne pas appliquer pleinement les engagements pris envers la communauté hongroise.
Cette mesure était "une condition nécessaire" à la poursuite des pourparlers en vue de l'entrée de l'Ukraine dans l'UE, avait insisté un peu plus tôt la ministre hongroise des Affaires étrangères, Anita Orban, au cours d'une réunion à Luxembourg. Son homologue ukrainien, Andriï Sybiga, a estimé que cette loi pourrait permettre à l'UE de donner son feu vert officiel mardi à Luxembourg à deux nouveaux groupes de négociation avec l'Ukraine et la Moldavie.