Un ancien enseignant des Hautes-Alpes jugé pour le viol de collégiennes information fournie par AFP 22/06/2026 à 10:23
Un ancien professeur de français est jugé depuis lundi à Gap, dans les Hautes-Alpes, pour avoir violé ou agressé sexuellement dix collégiennes de 13 à 15 ans, dont certaines avaient été soumises à un rapport de "type dominant/dominé".
L'accusé, 40 ans, qui comparaît libre sous contrôle judiciaire devant la cour criminelle des Hautes-Alpes, est apparu le regard fixé au sol, non loin de plusieurs jeunes filles parties civiles manifestement émues et dont certaines étaient en pleurs.
Le huis clos a été ordonné dès l'ouverture du procès, qui doit durer toute la semaine.
L'ancien professeur, qui encourt 20 ans de prison, doit répondre de viols sur quatre élèves avec plusieurs circonstances aggravantes, dont sa position d'autorité, des agressions sexuelles sur six autres, et pour détention d'images de mineurs à caractère pornographique.
Les victimes sont d'anciennes élèves d'un collège de l'Argentière-la-Bessée, près de Briançon, où il a travaillé dans les années 2010.
"C'est une audience qui était attendue depuis de nombreuses années, l'instruction a été très longue", a commenté pour la presse Me Arnaud Lévy-Soussan, avocat d'une des jeunes victimes.
"Les trois parties civiles que je représente étaient alors des petites filles en 5ème" et "elles avaient du mal à comprendre parce que, pour elles, on ne remet pas en cause l'autorité d'un adulte et encore moins d'un professeur", a expliqué Me Elsa Ghanassia.
"Et puis il y a eu la perspective d'un voyage scolaire qui les a extrêmement inquiétées et elles se sont dit: +là-bas, on ne sera pas protégées dans le cadre de l'école+, alors c'est le moment où il a fallu parler et elles ont été très courageuses", raconte leur avocate.
"Immature"
Le conseil de l'accusé, lui, n'a pas souhaité faire de déclaration.
En juin 2017, le principal de l'établissement avait signalé à la gendarmerie la plainte d'une élève de 5e dont l'enseignant avait effleuré les fesses. L'ouverture d'une information judiciaire et sa mise en examen n'interviendront qu'en février 2019.
L'enquête a ensuite établi que le professeur, dépeint comme "immature" par ses proches et par ses collègues, se livrait à des "massages d'épaules" et attouchements en classe et y tenait régulièrement des propos salaces.
Elle a surtout révélé des relations sexuelles avec plusieurs collégiennes, soumises à une relation d'"emprise" émaillée de violences (poignets attachés, gifles, fessées) et de "rapports de type dominant/dominée", parfois régis par un "contrat à la manière du film +50 nuances de Grey+".
Plusieurs de ses victimes ont ensuite présenté des symptômes d'anorexie, de dépression, et de stress post-traumatique.
L'enseignant, au casier judiciaire vierge, a déclaré aux enquêteurs que les rapports avec les jeunes filles étaient consentis et qu'il n'avait "rien fait de mal". Il a admis "être immature et avoir du mal à mettre de la distance avec ses élèves".
Pour la justice, "du fait de leur âge, les victimes ne disposaient pas du discernement nécessaire pour consentir à ces relations", d'autant plus avec un professeur en position d'autorité, qui avait imposé un rapport de domination.
Des images pornographiques de très jeunes filles ont par ailleurs été retrouvées sur son ordinateur.
Inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijaisv) et interdit d'exercer une activité au contact de mineurs, l'ancien enseignant est à présent moniteur éducateur dans une association accueillant des handicapés, et exceptionnellement des mineurs.