Un afflux "exceptionnel" de départs à la retraite : comment les Français ont profité de la suspension de la réforme Borne
information fournie par Boursorama avec Media Services 28/10/2026 à 16:43

Le régime de base des salariés du privé et indépendants a vu le nombre de demandes bondir.

( AFP / PHILIPPE HUGUEN )

Une "production exceptionnelle" : le nouveau directeur de la Caisse nationale de l'assurance retraite (CNAV) a fait état dans l'explosion de dossiers de départs qu'aura traités l'Assurance retraite estime d'ici fin 2006, avec 905.000 dossiers, soit 70.000 de plus qu'en 2025, indique son directeur général dans un entretien aux Echos publié mercredi.

Votée l'année dernière dans le budget de la Sécurité sociale, l'emblématique "suspension" de la réforme Borne de 2023 se traduit par un décalage dans le temps de sa mise en application: elle suspend jusqu'en janvier 2028 la marche en avant vers un âge légal de départ à 64 ans, comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser pour partir à taux plein.

Ainsi, la génération née en 1964 a pu partir à 62 ans et 9 mois (comme la précédente) au lieu des 63 ans prévus par la réforme, soit à partir d'octobre 2026 au lieu de début 2027. Cinq générations de travailleurs gagnent ainsi quelques mois.

Ce changement a produit ses effets: la Caisse nationale d'Assurance vieillesse (Cnav, régime de base des salariés du privé et indépendants) a vu -comme anticipé- le nombre de demandes de départ augmenter de manière "très forte" cette année, a observé le nouveau directeur Paul Bazin.

S'il note que les départs liés à la suspension sont "assez en ligne" avec les prévisions, Paul Bazin pointe la surprise venue du "succès extrêmement fort" de la retraite progressive : l'Assurance retraite a enregistré 46.000 attributions de janvier à septembre contre 22.000 l'an dernier à la même période, a-t-il précisé.

Les délais de traitement restent dans les clous

La retraite progressive permet, à partir de 60 ans et 150 trimestres cotisés, de travailler à temps partiel, tout en bénéficiant d'une partie de sa pension de retraite, au prorata du temps non travaillé.

Longtemps resté marginal, le dispositif a été musclé par la réforme Borne de 2023, qui l'a notamment rendu contraignant pour l'employeur: celui-ci ne peut plus s'opposer à une demande de retraite progressive du salarié, sauf motif légitime. Malgré ce grand nombre de dossiers, le délai de traitement "ne s'est pas dégradé" et "plus de 95% des assurés" se voient verser leur pension dans les temps, a précisé M. Bazin.