Un adolescent suspecté d'avoir projeté une attaque contre les communautés juive ou homosexuelle information fournie par AFP 24/04/2026 à 19:30
Soupçonné d'avoir projeté une "action violente" visant les communautés juive ou homosexuelle, un adolescent de 15 ans a été mis en examen à Paris et incarcéré, un profil très jeune, de plus en plus répandu dans les affaires suivies par le Parquet national antiterroriste (Pnat).
"Il a reconnu avoir souhaité mourir en martyr et avoir projeté de commettre une action violente visant la communauté juive ou homosexuelle", indique vendredi à l'AFP le Pnat.
Interpellé le 17 avril dans le Rhône, ce mineur a été mis en examen pour "participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteintes aux personnes", souligne encore le parquet antiterroriste.
"Mon client a, avant tout, besoin d'un suivi psychologique", estime, auprès de l'AFP, Me Gianni de Georgi, avocat du mis en cause.
Une enquête préliminaire avait été ouverte le 11 avril et les investigations confiées au renseignement intérieur, la DGSI, selon le Pnat, qui rapporte l'ouverture d'une information judiciaire le 19 avril.
- "Net rajeunissement" -
"Depuis quatre ou cinq ans, nous observons un très net rajeunissement des personnes qui sont mises en examen, avec plutôt des personnes qui ont moins de 20 ans" et "désormais beaucoup de mineurs", expliquait à l'AFP fin 2025 le procureur de la République antiterroriste, Olivier Christen.
"Ce sont principalement des garçons, beaucoup de profils isolés, souvent en situation d'échec scolaire ou de relative distance par rapport à l'école", poursuivait le patron du Pnat.
En février, deux mineurs avaient été interpellés dans le Nord et mis en examen à Paris. L'un d'eux, âgé de 16 ans, avait exprimé "une forme de fascination" pour "les figures jihadistes" et reconnu un projet d'"action violente" envers "un centre commercial ou une salle de concert".
Dans son discours de rentrée, fin janvier 2026, Olivier Christen mentionnait 22 mineurs mis en examen en 2025 pour une infraction terroriste suivie par le Pnat, "pour représenter désormais le tiers des procédures ouvertes en 2025 et 20% des personnes mises en examen au cours de cette année".
L'évolution de la nature des procédures initiées par le Pnat, soulignait-il, est marquée par des "actions violentes ou projets d'action violente visant le territoire français", élaborés "par des individus sans lien direct avec les organisations terroristes". Mais ces mis en cause s'inspirent "de l'abondante propagande jihadiste" diffusée "sur les différents réseaux sociaux et s'autoaffilient aux projets mortifères de celles-ci".
Dans la continuité de l'année 2024, l'activité en 2025 du Pnat est, plus généralement, demeurée "marquée par la prédominance de la menace terroriste jihadiste, qui représente 87% des procédures suivies".
Avec "une inscription durable dans une phase de tension élevée" et un "nombre d'enquêtes ouvertes toujours nettement supérieur à celui des années 2021 à 2023, au plus haut depuis les cinq dernières années", concluait le patron du Pnat.