Ukraine-Trump annonce un cessez-le-feu dans l'énergie, Zelensky attend des précisions
information fournie par Reuters 11/10/2026 à 18:20

(Actualisé avec nouvelles déclarations de Zelensky)

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche la conclusion d'un accord de cessez-le-feu entre l'Ukraine et la Russie portant sur les infrastructures énergétiques et son entrée en vigueur, avant d'être rapidement contredit par son homologue ukrainien Volodimir Zelensky.

"Avec effet immédiat, il y a un CESSEZ-LE-FEU ÉNERGÉTIQUE dans la guerre entre la Russie et l'Ukraine. Les deux parties ont donné leur accord. Ne le violez pas !", a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Quelques minutes plus tard, Volodimir Zelensky a cependant indiqué ne pas avoir été informé d'une telle trêve, déclarant au site d'information Axios que l'annonce du président américainconstituait "une surprise" pour lui.

"L'Ukraine soutient le cessez-le-feu, et il est important que la Russie le soutienne également. Nous attendons des précisions de la partie américaine", a-t-il écrit par la suite sur l'application Telegram.

"Pour sa part, l'Ukraine soutient toujours PLEINEMENT les mesures visant à la désescalade, à la protection des vies humaines et aux décisions nécessaires pour mettre fin à la guerre et garantir une paix durable."

Moscou n'a pas commenté les annonces de Donald Trump dans l'immédiat.

Plus tôt, Volodimir Zelensky s'était dit disposé à suspendre les attaques contre les raffineries de pétrole russes si Moscou cessait ses propres frappes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, après que Donald Trump a exigé que Kyiv mette unilatéralement fin à ses assauts.

Il a également déclaré qu'il organiserait des élections en Ukraine si le président russe Vladimir Poutine acceptait un cessez-le-feu global de 60 jours.

Samedi, Donald Trump a imputé la hausse des prix du diesel aux États-Unis aux frappes ukrainiennes contre les raffineries russes et a déclaré que Volodimir Zelensky "ferait mieux d'arrêter immédiatement", ajoutant que l'Ukraine devrait le remplacer à sa tête car il avait laissé passer plusieurs occasions de conclure un accord avec Moscou.

"DITES À POUTINE DE NOUS DONNER DEUX MOIS"

La forte hausse des prix mondiaux du diesel, qui a suivi le déclenchement de la guerre avec l'Iran en février, est devenue un handicap politique pour le Parti républicain de Donald Trump à l'approche des élections de mi-mandat du mois prochain, lors desquelles les démocrates pourraient reprendre le contrôle d'une ou des deux chambres du Congrès.

Volodimir Zelensky a réaffirmé dimanche la position de longue date de l'Ukraine, selon laquelle elle est disposée à cesser ses attaques contre les raffineries russes uniquement dans le cadre d'une désescalade réciproque du conflit, qui exigerait que Moscou mette également fin à ses frappes contre les infrastructures électriques ukrainiennes.

Tout accord de ce type devrait s'accompagner de "garanties réelles", a déclaré Volodimir Zelensky.

"La véritable cause de la guerre en Europe, c'est la Russie et la Russie seule", a-t-il dit, sans faire directement référence aux propos de Donald Trump.

"Il est possible de mettre fin aux frappes contre les infrastructures énergétiques dès aujourd'hui, mais Vladimir Poutine ne le veut pas."

"Dites à Poutine de nous donner deux mois, 60 jours de cessez-le-feu total, 60 jours, et nous organiserons des élections", a également déclaré Volodimir Zelensky à la chaîne américaine ABC.

Samedi, il a réagi avec colère à l'annonce par Donald Trump d'un accord d'approvisionnement en diesel avec la Russie, estimant que celui-ci encouragerait les attaques de Moscou contre l'Ukraine.

"UNE TRAHISON"

Des analystes ont déclaré que l'accord conclu par Donald Trump avec Moscou avait peu de chances d'entraîner une baisse durable des prix des carburants, les volumes concernés restant bien inférieurs aux exportations habituelles de la Russie lorsque ses raffineries ne sont pas visées par des attaques.

L'accord sur le diesel a également été critiqué par des élus américains, dont le représentant républicain Don Bacon, qui a estimé qu'il était temps de renforcer les sanctions plutôt que de les alléger.

Dans les rues de Kyiv, plusieurs habitants ont fait part de leur colère après la suggestion de Donald Trump selon laquelle l'Ukraine devrait se trouver un nouveau dirigeant prêt à conclure un accord avec le président russe Vladimir Poutine.

"Personne n'a le droit de nous dire ce que nous devons faire, d'autant que des élections ne peuvent pas être organisées en temps de guerre", a déclaré Sabina, une institutrice de 40 ans, en référence à l'interdiction des élections en Ukraine sous le régime de la loi martiale pour des raisons de sécurité.

"À mes yeux, c'est une trahison de la part de nos partenaires", a-t-elle déclaré au sujet des remarques de Donald Trump.

Volodimir Zelensky a déclaré qu'il poursuivrait dimanche ses discussions avec les dirigeants européens et que des échanges avaient lieu quotidiennement sur des dispositifs supplémentaires de défense aérienne, notamment des munitions pour les avions de combat utilisés pour abattre les drones russes à réaction.

Lundi, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, doit participer à une réunion du Conseil des affaires étrangères de l'Union européenne qui devrait examiner un renforcement de la pression des sanctions contre la Russie ainsi que l'avancement des négociations sur l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne.

(Daniel Flynn, avec Steve Holland à Washington et Ismail Shakil ; version française Nicolas Delame et Benjamin Mallet)