Ukraine-Nuit meurtrière à Kyiv pilonnée par les missiles russes information fournie par Reuters 05/08/2026 à 11:11
(Actualisé tout du long)
par Olena Harmash et Yurii Kovalenko
La Russie a tiré dans la nuit de mardi à mercredi des dizaines de drones et missiles balistiques sur Kyiv et ses environs, tuant au moins 17 personnes et détruisant des entrepôts et centres logistiques, ont déclaré les autorités.
De nombreuses explosions ont secoué la capitale ukrainienne et sa périphérie et des incendies ont illuminé le ciel nocturne. Une quarantaine de personnes ont en outre été blessées.
Le président Volodimir Zelensky a déploré que le manque de missiles intercepteurs ait à nouveau coûté des vies.
"Il est très important que nos partenaires comprennent que les retards dans leur livraison, ou le refus de fournir des systèmes antimissiles balistiques, entraînent directement de telles pertes humaines et de telles destructions effroyables", a-t-il déclaré.
La défense aérienne ukrainienne a abattu 98 des 115 drones lancés par les forces russes mais n'a pu abattre aucun des 28 missiles - 24 missiles balistiques Iskander-M400 et 4 missiles hypersoniques Zircon - ayant visé la capitale de 3 millions d'habitants et ses environs, selon l'armée de l'air.
Alors que l'armée russe ne progresse pratiquement plus dans l'est de l'Ukraine, après quatre ans et demi de guerre, Moscou a intensifié ses attaques aériennes contre Kyiv et d'autres villes ukrainiennes en profitant de la pénurie de moyens de défense aérienne capables d'intercepter ses missiles balistiques.
L'Ukraine cherche à se procurer davantage de PAC-3, soit la dernière version du missile américain Patriot et l'une des rares armes capables d'abattre les missiles balistiques utilisés en nombre croissant par Moscou dans ses attaques.
Selon quatre sources au fait de la question, les Etats-Unis poursuivent des discussions à propos d'une possible attribution à Kyiv d'une licence pour produire ces missiles intercepteurs même si Donald Trump a semblé revenir récemment sur ses promesses en ce sens.
BATAILLE LOGISTIQUE
Selon Volodimir Zelensky, les principales cibles de la dernière attaque contre Kyiv, qui subit des attaques d'envergure tous les trois à quatre jours, étaient des entrepôts et une gare. Une brasserie, des entrepôts de matériaux de construction et d'autres installations logistiques civiles ont été détruits, a-t-il précisé.
Le ministère russe de la Défense a dit avoir frappé sept centres logistiques et d'approvisionnement dans la capitale et ses environs, affirmant qu'ils servaient à entreposer des biens à double usage, civil et militaire, et des pièces de drones.
Les entrepôts des distributeurs en ligne russes, à commencer par Wildberries, le premier d'entre eux, sont eux-mêmes la cible des drones ukrainiens depuis la mi-juillet. Une vingtaine d'entre eux ont été détruits ou endommagés ces dernières semaines, alors que Kyiv dit vouloir "porter la guerre chez l'ennemi" et alourdir le coût de la guerre pour Moscou.
Epicentr, la plus grande chaîne ukrainienne de magasins de bricolage et de décoration, a annoncé que deux de ses principaux centres logistiques ainsi qu'une usine avaient été détruits en l'espace de quelques minutes et dénoncé une "attaque délibérée contre l'appareil productif et logistique ukrainien, les emplois et la capacité de redressement du pays".
Iryna Tchetchotkina, cofondatrice de Rozetka, un important distributeur en ligne, s'est déclarée "dévastée" d'avoir vu, en une nuit, l'oeuvre d'une vie partir en fumée à la suite des frappes de trois missiles balistiques.
Le Premier ministre Sergii Koretsky, nommé le 16 juillet dernier, a déclaré que son gouvernement convoquerait une réunion d'urgence avec les entreprises afin d'élaborer des mesures visant à garantir le bon fonctionnement des sociétés de logistique et de commerce.
La Commission européenne a annoncé de son côté qu'elle mettait à disposition de l'Ukraine une somme de 1,4 milliard d'euros tirée des intérêts perçus sur les avoirs russes immobilisés dans l'UE. "La Russie doit payer pour ses destructions", a déclaré dans un communiqué la présidente de l'exécutif européen, Ursula von der Leyen.
(Avec la contribution d'Aleksandar Vasovic, Jekaterīna Golubkova, Ron Popeski; version française Jean Terzian et Jean-Stéphane Brosse)