Ukraine: Kiev dément la chute d'une ville-clé dans l'Est information fournie par AFP 05/07/2026 à 01:50
L'Ukraine a démenti samedi l'annonce faite par Moscou de la prise de la ville ukrainienne stratégique de Kostyantynivka, un bastion des forces de Kiev dans la région orientale de Donetsk dont la capture est l'objectif principal du Kremlin.
"La situation reste difficile mais elle (la ville de Kostyantynivka, ndlr) est sous le contrôle des Forces de défense ukrainiennes", a affirmé à l'AFP le porte-parole de l'armée ukrainienne, Andriï Kovaliov.
"De petits groupes d'infanterie (d'une à trois personnes) ont réussi à s'infiltrer profondément dans les formations de combat des forces ukrainiennes" dans cette ville, mais ces groupes sont en train d'être "repérés et éliminés", a-t-il ajouté.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a, lui, qualifié la revendication russe de "mensonge".
Sur un front long de plus de 1.000km, les forces russes n'ont quasiment pas avancé ces derniers mois, du fait notamment de l'omniprésence des drones qui gênent les mouvements des véhicules lourds et infligent de très lourdes pertes aux deux camps.
Proposition russe d'échange de corps
Ces derniers mois, l'armée du Kremlin concentre ses efforts à Kostyantynivka, où elle suit une tactique visant à envoyer de petits groupes de soldats pour s'infiltrer et prendre position.
Cette méthode, très lente, a déjà été employée pour capturer la ville ukrainienne de Pokrovsk, fin 2025.
Kostyantynivka est l'un des derniers verrous sur le chemin vers les grandes villes de Kramatorsk et Sloviansk, sous contrôle ukrainien, dont la conquête est l'objectif ultime du Kremlin dans le Donbass.
Vendredi, le président russe Vladimir Poutine est apparu en uniforme militaire à la télévision et a remercié ses troupes pour la prise d'une ville d'une "importance stratégique majeure".
Le général Sergueï Roudskoï, adjoint du chef de l'état-major russe, a soutenu samedi que les troupes du Kremlin étaient dans "toutes les parties" de Kostyantynivka et poursuivaient leur offensive vers la cité voisine de Droujkivka, autre bastion des forces ukrainiennes.
Le ministère russe de la Défense a par ailleurs proposé samedi à Kiev de suspendre les bombardements à Kostyantynivka pendant la journée de lundi, entre 12H00 et 18H00 heure de Moscou (09H00 et 15H00 GMT), afin de procéder à une opération "humanitaire" pour remettre à Kiev "les corps de soldats ukrainiens tués".
Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a qualifié samedi, auprès du média KP.ru, la prise revendiquée de Kostyantynivka de "très importante victoire" et répété que "l'opération militaire spéciale", terme employé par Moscou pour nommer cette guerre, allait "se poursuivre".
Sur le plan diplomatique, les négociations sont dans l'impasse, Moscou exigeant le retrait des forces ukrainiennes de toute la région de Donetsk, ce que Kiev refuse.
Lors d'un entretien par téléphone samedi avec le président américain Donald Trump, Vladimir Poutine a "brossé le tableau de la situation réelle sur le champ de bataille (en Ukraine), où les forces armées russes progressent avec assurance", a affirmé le conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov.
Les deux hommes "ont naturellement abordé la question d'un règlement en Ukraine, en prenant notamment en compte la participation prochaine de Donald Trump au sommet de l'Otan en Turquie, les 7 et 8 juillet", a-t-il précisé.
Sur le front, la situation est figée dans l'ensemble, même si les combats, très meurtriers, se poursuivent. Le conflit, déclenché par l'invasion russe à grande échelle de février 2022, est devenu le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale.
Frappes ukrainiennes
Parallèlement, une attaque massive de drones et missiles ukrainiens a visé pendant la nuit de vendredi à samedi la Russie, en particulier la région de Saint-Pétersbourg, Moscou promettant de riposter.
L'armée russe a indiqué avoir abattu 494 drones et 10 missiles longue-portée "Flamingo" ukrainiens, ainsi que neuf munitions de lance-roquettes multiples HIMARS fournis par Washington à Kiev.
Ces bombardements n'ont pas fait de victimes ni de dégâts majeurs, selon les autorités russes.
Le ministère russe de la Défense a assuré que cette "tentative (du président ukrainien) V. Zelensky d'endommager des infrastructures civiles" en Russie "ne restera pas sans réponse appropriée".
Volodymyr Zelensky a affirmé que la base navale de Kronstadt à Saint-Pétersbourg avait été touchée, ainsi que "des infrastructures pétrolières portuaires qui génèrent des revenus pour la guerre menée par la Russie".
Ces frappes interviennent après une attaque russe contre Kiev qui a fait 30 morts cette semaine.
Ces dernières semaines, l'Ukraine a intensifié ces frappes en profondeur en représailles aux bombardements qui endeuillent quasi-quotidiennement son territoire depuis le début de l'invasion russe à grande échelle.
Une frappe de bombe aérienne russe a touché samedi un supermarché dans le centre de Kramatorsk, dans l'est de l'Ukraine, faisant au moins cinq blessés dont un enfant de onze ans, selon le parquet ukrainien.
Des bombardements russes ont par ailleurs blessé neuf personnes samedi dans la région ukrainienne de Dnipropetrovsk (centre-est), ainsi que cinq personnes à Zaporijjia (sud), selon les autorités locales.