UE-La Lettonie contre la volonté française de lever une sanction visant un milliardaire proche de Moscou information fournie par Reuters 22/09/2026 à 13:07
La Lettonie a dit mardi son opposition à un accord de principe, inspiré par la France et le Luxembourg, prévoyant la levée des sanctions - prises par l'Union européenne contre la Russie en raison de son invasion de l'Ukraine - pour deux milliardaires liés à Moscou, Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman.
Dans le cadre de cet accord, qui a pris par surprise l'Ukraine et bon nombre d'autres pays du bloc, les sanctions seraient maintenues pour le reste des quelque 3.000 personnes et entreprises inscrites sur la liste.
"Prolonger les sanctions de 36 mois serait la bonne décision. Cependant, cela ne doit pas se faire au prix d'un simple retrait de ces deux personnes de la liste des sanctions. La Lettonie ne peut accepter une telle proposition", déclare le Premier ministre letton Andris Kulbergs dans un message publié sur la plate-forme X dans la nuit de lundi à mardi.
L'ensemble des sanctions liées à la Russie - imposées au fil de 21 trains de sanctions adoptées par l'UE depuis le début de la guerre déclenchée par Moscou en février 2022 contre l'Ukraine - expirera ce mardi à minuit (22h00 GMT) si les 27 pays membres de l'UE ne se mettent pas d'accord pour les renouveler.
Et cet accord doit être le fruit d'une unanimité. Les sanctions UE visant les biens et les personnes consistent essentiellement en un gel des avoirs et une interdiction de voyager.
A la surprise quasi générale, la France s'est associée à la Slovaquie pour demander la levée des sanctions à l'encontre d'Alicher Ousmanov, un homme d'affaires russo-ouzbek.
Dans la foulée, le Luxembourg a exigé le même traitement pour l'oligarque russe Mikhaïl Fridman, selon des diplomates.
La France est désormais pour la levée des sanctions affectant Alicher Ousmanov à la suite ce que Paris a qualifié de pressions venant d'Azerbaïdjan, pays où au moins deux ressortissants français sont en détention, ont dit à Reuters trois diplomates européens la semaine dernière.
Un haut diplomate azerbaïdjanais rejette ces allégations.
Andris Kulbergs a déclaré que Riga travaillerait avec Bruxelles et Paris "afin de trouver une solution qui serve les intérêts de la Lettonie".
Les ambassadeurs des États membres de l'UE ont repris les négociations visant à sortir de l'impasse, ont dit des diplomates.
Le Kremlin a pour sa part dit que les sanctions occidentales visant des personnes russes étaient illégales à ses yeux, ajoutant qu'elles devraient toutes être levées.
(Andrew Gray et Lili Bayer, avec la contribution de Dmitry Antonov à Moscou, version française Benoit Van Overstraeten)