Turquie: le journaliste français arrêté lundi a été libéré
information fournie par AFP 21/01/2026 à 17:43

Photo non datée et non localisée, diffusée le 21 janvier 2026 par la famille de Raphael Boukandoura, montrant le journaliste français arrêté le 19 janvier 2026 alors qu'il couvrait une manifestation prokurde à Istanbul ( COURTESY OF RAPHAEL BOUKANDOURA'S FAMILY / Handout )

Le journaliste français Raphaël Boukandoura, arrêté lundi en Turquie alors qu'il couvrait une manifestation prokurde, a été libéré mercredi soir.

C'est lui-même qui l'a annoncé à l'AFP lors d'un bref appel depuis un taxi qui le ramenait chez lui, après avoir appelé son épouse.

Son avocate et le correspondant de Reporters sans frontières en Turquie, Erol Önderoglu, auquel il a dit "qu'il allait bien", ont confirmé la nouvelle, disant ne pas en savoir davantage sur les détails ni les raisons qui ont conduit à cette libération.

Le reporter de 35 ans, qui réside et travaille légalement dans le pays depuis plus de dix ans, avait été transféré dans la matinée au centre de rétention d'Arnavutköy, près de l'aéroport international d'Istanbul, et ses avocats redoutaient son expulsion.

Il avait été arrêté lundi soir à Istanbul lors d'une manifestation du parti prokurde DEM, troisième force au parlement, dénonçant l'offensive de l'armée syrienne contre les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie.

Selon son avocate, il a été accusé d'avoir scandé des slogans lors ce rassemblement, ce qu'il a fermement démenti, répétant qu'il se trouvait là en sa qualité de journaliste.

La France avait assuré "suivre la situation de près" ainsi que le député européen Nacho Sanchez Amor, rapporteur sur la Turquie, qui avait fait part de son "inquiétude" sur X.

Titulaire d'une carte de presse turque, parfait connaisseur du pays et de sa langue, M. Boukandoura contribue régulièrement à l'hebdomadaire Courrier international, aux quotidiens Libération et Ouest-France ainsi qu'au site d'information Mediapart, médias qui ont réclamé sa "libération immédiate" dans un communiqué commun.

Les autorités turques, proches de la nouvelle direction syrienne, appuient les opérations contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie.

Pour Erol Önderoglu, "la libération du journaliste menacé d'expulsion est pour nous un grand soulagement, car elle vient confirmer la reconnaissance de l'injustice dont il a été victime".

Pour le représentant de RSF, l'arrestation et la menace d'expulsion à l'encontre de M. Boukandoura "visait à intimider" les reporters et à les dissuader de couvrir les manifestations prokurdes.

En mars 2025, un photographe de l'AFP, Yasin Akgül, avait lui aussi été arrêté pour participation à une manifestation interdite qu'il couvrait dans l'exercice de son métier.

Détenu pendant quatre jours, il avait été jugé et finalement relaxé en novembre ainsi que trois de ses confrères.

RSF place la Turquie à la 159e place sur 180 de son classement de la liberté de la presse, entre le Pakistan et le Venezuela.

Deux journalistes français avaient déjà été arrêtés en 2017 en Turquie: Loup Bureau, détenu plus de 50 jours et accusé d'appartenir à une "organisation terroriste", et Mathias Depardon, détenu un mois pour "propagande terroriste". Tous deux avaient finalement été expulsés vers la France.