Tunisie-Une grève pour les salaires paralyse les transports en commun à Tunis information fournie par Reuters 02/01/2023 à 12:30
TUNIS, 2 janvier (Reuters) - Le trafic des métros et des bus était interrompu lundi dans la capitale tunisienne Tunis, sur fond de grève des salariés de la Société des transports de Tunis (Transtu), entreprise publique, pour dénoncer des retards dans le versement des salaires et des primes.
Selon les médias tunisiens, ces perturbations s'inscrivent dans le sillage d'un appel à la mobilisation lancé par la Fédération du transport de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui a invité les employés de la Transtu à se rassembler ce lundi pour un sit-in de protestation sur la place du gouvernement, dans la Kasbah de Tunis.
Il s'agit d'une première démonstration de force du puissant syndicat, qui a également appelé les salariés du secteur des transports aériens, terrestres et maritimes à une grève de deux jours les 25 et 26 janvier prochains pour dénoncer ce qu'il décrit comme la "marginalisation par le gouvernement des entreprises publiques".
D'après Hayat Chamtouri, chargée de communication de la Transtu, ce lundi "les syndicats protestent contre les retards de versement des salaires et des primes".
"La situation financière du groupe est très difficile", a-t-elle précisé.
La grève de lundi a déclenché des mouvements de colère parmi les milliers de gens peinant à se déplacer dans la capitale et dans le quartier défavorisé d'Intilaka, des habitants ont bloqué des routes pour protester contre la grève.
"Actuellement on ne trouve plus ni lait, ni huile, ni sucre, ni café. Et maintenant on ne trouve pas non plus de bus pour aller au travail. La Tunisie est devenue un insupportable enfer", témoigne Nejia, qui patiente à un arrêt de bus.
Confrontée à une grave crise financière qui pénalise également les comptes des entreprises publiques, la Tunisie cherche à obtenir un prêt de 1,9 milliard de dollars du Fonds monétaire international (FMI) en contrepartie d'un programme de réformes impopulaires.
La contestation politique monte également dans le pays après que le président Kaïs Saïed s'est progressivement arrogé les pleins pouvoirs depuis son coup de force de juillet 2021, en suspendant le Parlement et en s'attaquant au pouvoir judiciaire.
(Reportage Tarek Amara ; Version française Myriam Rivet, édité par Sophie Louet)