Trump vante des avancées face à l'Iran, sans fixer de calendrier sur la fin de la guerre information fournie par Reuters 02/04/2026 à 11:17
par Trevor Hunnicutt et Steve Holland et Gram Slattery
Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi soir que les Etats-Unis atteindraient bientôt leurs objectifs de guerre en Iran, menaçant de renvoyer le pays à "l'âge de pierre", sans fixer de calendrier précis pour une fin du conflit.
Lors d'une courte allocution, Donald Trump a déclaré que les Etats-Unis avaient détruit la marine et l'armée de l'air iraniennes et a prévenu que les Etats-Unis continueraient de frapper l'Iran au cours des deux ou trois prochaines semaines.
"Je suis heureux d'annoncer ce soir que les principaux objectifs stratégiques sont en passe d'être atteints rapidement, très rapidement", a dit le locataire de la Maison blanche, s'abstenant toutefois de présenter un plan concret pour mettre fin à la guerre.
"Nous avons toutes les cartes en main", a dit Donald Trump lors de sa première allocution en 'prime time' depuis le début de la campagne militaire lancée par Israël et les Etats-Unis en Iran le 28 février. "Ils n'en ont aucune."
Il a éludé certaines questions cruciales restées en suspens, telles que le statut de l'uranium enrichi iranien et l'accès au détroit d'Ormuz, par lequel transite normalement près de 20% de l'approvisionnement mondial en pétrole et gaz naturel liquéfié (GNL).
Le locataire de la Maison blanche a déclaré que le détroit s'ouvrirait "de lui-même" une fois le conflit terminé.
Le discours de 19 minutes prononcé par Donald Trump n'a guère rassuré les Américains et les alliés des Etats-Unis, affectés notamment de la flambée des prix du carburant provoquée par le conflit.
"De nombreux Américains s'inquiètent de la récente hausse des prix de l'essence ici, chez nous. Cette augmentation à court terme est entièrement due aux attaques terroristes insensées menées par le régime iranien contre des pétroliers commerciaux de pays voisins qui n'ont rien à voir avec le conflit."
Le président américain a estimé que les pays qui s'approvisionnent en pétrole dans la région du Golfe devraient prendre l'initiative d'ouvrir le détroit d'Ormuz.
"Ils peuvent le faire facilement", a-t-il dit. "Nous leur apporterons notre aide, mais c'est à eux de prendre l'initiative pour protéger le pétrole dont ils dépendent si désespérément", a-t-il ajouté.
Donald Trump, qui avait déclaré mercredi dans un entretien à Reuters qu'il dirait son "dégoût de l'Otan" durant son discours, n'a pas directement abordé la question de l'Alliance transatlantique durant son discours.
Les marchés boursiers ont chuté et le prix du pétrole a grimpé de plus de 6% après l'allocution du président américain, reflet du sentiment largement répandu selon lequel le conflit risque de s'éterniser.
"RETOUR À L'ÂGE DE PIERRE"
Tout en présentant l'Iran comme militairement neutralisé, Donald Trump a également déclaré mercredi soir que les Etats-Unis continueraient de frapper durement ce pays pendant encore deux ou trois semaines.
Si les nouveaux dirigeants iraniens ne négocient pas de manière satisfaisante, les Etats-Unis commenceront à attaquer les infrastructures pétrolières et de production d'électricité, a prévenu Donald Trump.
"Nous allons les frapper très fort au cours des deux ou trois prochaines semaines", a déclaré Donald Trump. "Nous allons les renvoyer à l'âge de pierre, là où est leur place."
"En attendant, les discussions se poursuivent", a-t-il ajouté. "Si toutefois, pendant cette période, aucun accord n'est conclu, nous avons des cibles clés en ligne de mire."
Les sirènes d'alerte ont retenti à Doha et Tel Aviv alors que le président américain prononçait son discours.
L'OPINION VEUT LA FIN DE LA GUERRE
A l'approche des élections de mi-mandat du Congrès en novembre, les sondages montrent que la guerre en Iran est largement impopulaire, notamment auprès des électeurs indépendants.
Une enquête Reuters/Ipsos menée de vendredi à dimanche montre que 35% des Américains approuvent son action, tandis que 60% y sont opposés.
Donald Trump a toutefois envisagé des options visant tant à intensifier qu'à désamorcer le conflit, et ses prochaines décisions restent floues, même pour certains de ses proches conseillers.
Des responsables de l'administration américaine ont évoqué une opération visant à s'emparer des stocks d'uranium hautement enrichi de l'Iran, ainsi que des opérations terrestres destinées à s'emparer de zones stratégiques.
Des milliers de soldats supplémentaires sont encore en route vers le Moyen-Orient, ce qui démontre la volonté de Donald Trump de conserver ses options militaires.
Donald Trump a demandé aux Américains de "relativiser ce conflit", rappelant que les guerres précédentes en Irak, au Vietnam et en Corée avaient nécessité une implication américaine bien plus longue.
(Avec Humeyra Pamuk et Ismail Shakil; version française Camille Raynaud)