Trump revendique pouvoir faire "ce qu'il veut" avec Cuba
information fournie par Reuters 17/03/2026 à 00:54

Le président américain Donald Trump a intensifié lundi sa rhétorique agressive à l'égard de Cuba, disant s'attendre à avoir l'"honneur" de prendre "le contrôle" de l'île d'une manière ou d'une autre, ajoutant pouvoir faire "tout ce qu('il) veut" à l'égard du pays caribéen.

Il a effectué ces commentaires après avoir annoncé plus tôt ce mois-ci que La Havane souhaitait conclure un accord avec Washington et que des négociations destinées à améliorer leurs relations bilatérales étaient en cours.

Donald Trump a exprimé à plusieurs reprises par le passé sa volonté de s'"occuper" de Cuba. Dans le sillage de la capture par l'armée américaine du président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas en janvier dernier, il avait prévenu Cuba de conclure un accord "avant qu'il ne soit trop tard".

La crise économique sur l'île caribéenne a été amplifiée par l'embargo sur le pétrole vénézuélien imposé par l'administration américaine, qui a également menacé d'imposer des droits de douane contre tout pays qui vendrait du pétrole à Cuba.

"Je pense que (...) j'aurai l'honneur de prendre Cuba. C'est un grand honneur", a dit lundi Donald Trump aux journalistes lors d'un événement dans le Bureau ovale. "Que je libère (l'île), que je la prenne. Je peux faire ce que je veux avec elle", a-t-il ajouté.

Aucun commentaire n'a été obtenu dans l'immédiat auprès du gouvernement cubain.

Citant quatre sources informées, le New York Times a rapporté par la suite que l'un des principaux objectifs de l'administration Trump dans les discussions avec Cuba était d'obtenir le départ du président Miguel Diaz-Canel.

La Havane rejette de longue date toute ingérence étrangère dans ses affaires internes. Toute proposition contraire à ce principe semble vouée à l'échec.

Les autorités cubaines disent ne plus avoir reçu de livraison de pétrole depuis trois mois, les contraignant à imposer d'importantes restrictions sur l'utilisation d'énergie, avec pour effet de mettre l'économie à l'arrêt. Le réseau électrique sur l'île est tombé hors-service lundi, privant d'électricité ses 10 millions d'habitants.

Si plus d'une dizaine de présidents américains, au fil des dernières décennies, se sont opposés au gouvernement communiste cubain et ont critiqué La Havane en matière de respect des droits de l'homme, ils se sont abstenus de mener une invasion de l'île ou de soutenir une telle manoeuvre, respectant l'accord signé pour mettre fin à la crise des missiles cubains en 1962.

La Maison blanche n'a communiqué pour l'heure aucune base juridique préalable à une potentielle intervention à Cuba.

S'exprimant auprès des journalistes présents à bord de l'avion présidentiel Air Force One le ramenant à Washington dimanche, Donald Trump a déclaré vouloir d'abord se focaliser sur l'Iran, où les Etats-Unis et Israël ont lancé une campagne militaire le 28 février, avant de s'occuper de Cuba.

(Daniel Trotta à La Havane, Ryan Patrick Jones à Toronto; version française Jean Terzian)