Trump retire sa menace de taxes douanières liées au Groenland, cite une entente avec l'Otan information fournie par Reuters 21/01/2026 à 23:49
Donald Trump a fait volte-face mercredi à propos du Groenland, retirant sa menace de surtaxes douanières contre des pays européens s'étant opposés à son projet de contrôler l'île de l'Arctique, pour laquelle il a dit renoncer à utiliser la force, et annonçant qu'un accord avec l'Otan était en vue.
Alors que le président américain avait répété ces dernières semaines son intention de mettre la main coûte que coûte sur le Groenland, les commentaires qu'il a effectués mercredi à Davos en Suisse, où se tient le Forum économique mondial, sont susceptibles d'apaiser les tensions sans précédent depuis des décennies au sein de l'Otan.
La perspective d'une nouvelle guerre commerciale se dessinait également avec la menace de l'instauration à compter du 1er février de surtaxes douanières de 25% contre huit pays européens, dont la France et le Danemark, pour leur opposition à la volonté de Donald Trump d'acquérir le Groenland, présenté par le président américain comme indispensable pour la sécurité des Etats-Unis face aux menaces émanant de la Russie et de la Chine.
Mais finalement, le locataire de la Maison blanche a signalé que se profilait un accord sur le Groenland en mesure de satisfaire son désir de bâtir un "Dôme d'or" antimissiles, d'accéder aux minerais essentiels de l'île de l'Arctique et de protéger celle-ci contre les ambitions de Moscou et Pékin.
"C'est un accord à propos duquel tout le monde est content", a déclaré Donald Trump aux journalistes à l'issue d'une réunion avec le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, en marge du Forum économique mondial.
"Il s'agit d'un accord à très long-terme. Il place tout le monde dans d'excellentes conditions, en particulier en matière de sécurité et de minerais", a-t-il ajouté. "C'est un accord pour toujours".
Une porte-parole de l'Otan a déclaré que sept pays alliés dans l'Arctique travailleraient conjointement pour garantir leur sécurité collective.
"Les négociations entre le Danemark, le Groenland et les Etats-Unis iront de l'avant avec l'objectif de s'assurer que la Russie et la Chine n'auront aucun ancrage - économique ou militaire - au Groenland", a dit la porte-parole.
"PAS BESOIN DE LA FORCE"
Dans un message publié sur son réseau social Truth dès la fin de sa réunion avec Mark Rutte, Donald Trump a écrit qu'a été établi "le cadre d'un futur accord concernant le Groenland et, en réalité, l'ensemble de la région de l'Arctique".
"Sur la base de cette entente, je n'imposerai pas les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février", a-t-il ajouté.
Réagissant à ces commentaires du président américain, Copenhague a déclaré que la question du Groenland devait être réglée via des efforts diplomatiques privés plutôt que sur les réseaux sociaux.
"Ce qui est crucial pour nous est que nous parvenions à régler cela dans le respect de l'intégrité et de la souveraineté du royaume (du Danemark) et du droit du peuple groenlandais à l'autodétermination", a déclaré le ministre danois des Affaires étrangères à la télévision publique danoise.
Lars Lokke Rasmussen a fait savoir également qu'il avait discuté avec Mark Rutte, refusant toutefois de fournir des détails sur la teneur de leur échange.
Aucun commentaire n'a été obtenu dans l'immédiat auprès du gouvernement groenlandais.
Le sommet extraordinaire de l'Union européenne pour discuter de la réponse à apporter aux menaces commerciales de Donald Trump aura lieu comme prévu jeudi, a déclaré un porte-parole du Conseil européen dans la foulée de l'annonce de Donald Trump. Le Parlement européen avait annoncé plus tôt dans la journée geler la ratification de l'accord commercial entre l'UE et Washington.
Donald Trump a déclaré que le vice-président américain J.D. Vance, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio et l'émissaire spécial Steve Witkoff seraient chargés de mener des discussions supplémentaires sur le Groenland. Il a ajouté que des détails seraient communiqués à mesure de l'avancée des discussions.
Plus tôt dans la journée, durant le discours qu'il a prononcé à Davos, le président américain avait réaffirmé sa volonté de mettre la main sur le Groenland mais avait toutefois exclu un recours à la force.
"On pensait que j'utiliserais la force, mais je n'en ai pas besoin", a-t-il déclaré, admettant que ses menaces avaient secoué les marchés financiers.
Les annonces effectuées mercredi ont rassuré Wall Street, qui a rebondi et finit en nette hausse.
(Reportage Steve Holland à Davos, avec Trevor Hunnicutt, Jasper Ward et Kanishka Singh à Washington, Andrew Gray et Julia Payne à Bruxelles, Stine Jacobsen à Copenhague; version française Jean Terzian)