Trump reçoit Merz, guerre en Iran et tensions commerciales en toile de fond
information fournie par Reuters 03/03/2026 à 07:01

par Andrea Shalal et Andreas Rinke

Le président américain Donald Trump reçoit mardi à la Maison blanche le chancelier allemand Friedrich Merz pour des discussions devant porter sur divers sujets sensibles, dont l'attaque lancée par les Etats-Unis et Israël en Iran, les nouvelles menaces de droits de douane américains et la récente visite du dirigeant allemand en Chine.

Friedrich Merz se rend à Washington alors que Berlin et Paris ont annoncé lundi leur souhait de "renforcer leur coopération en matière de dissuasion en réponse à l'évolution des menaces", le président français Emmanuel Macron ayant dit accroître l'arsenal nucléaire français.

Cette démarche illustre la volonté des deux puissances européennes de s'adapter aux remous des relations transatlantiques dans un contexte de menace continue représentée par la Russie, quatre ans après le lancement de l'invasion de l'Ukraine, et de crainte d'instabilité accrue avec le conflit en Iran.

Si Friedrich Merz entend préserver la relation positive qu'il a bâtie avec Donald Trump au fil de l'année écoulée, la mission est délicate, entre préoccupations européennes à propos de la légalité des bombardements en Iran au regard du droit international et inquiétudes à l'égard de la menace du président américain d'imposer de nouvelles surtaxes douanières à tous les produits importés aux Etats-Unis.

Le chancelier allemand est le premier dirigeant européen à se rendre à Washington depuis le début de la campagne militaire israélo-américaine en Iran et depuis la décision de la Cour suprême américaine d'invalider le 20 février les vastes droits de douane dits "réciproques" du chef de la Maison blanche.

Initialement prévue pour discuter du commerce, la réunion entre Donald Trump et Friedrich Merz devrait être en grande partie consacrée aux attaques contre Téhéran dans lesquelles le guide suprême de la Révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, a été tué, ainsi que d'autres hauts responsables.

"RAPPORTER CE QU'IL A VU ET ENTENDU EN CHINE"

Au lendemain du début de l'offensive des Etats-Unis et d'Israël en Iran, le chancelier allemand n'avait effectué aucune critique dans ses commentaires devant les journalistes, tout en s'abstenant d'approuver une opération militaire que certains jugent injustifiée et contraire au droit international.

"Nous reconnaissons le dilemme", a-t-il déclaré dimanche, estimant que de multiples tentatives au cours des dernières décennies pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire ou de réprimer son propre peuple avaient échoué.

"Donc nous n'allons pas faire la leçon à nos partenaires à propos de leurs frappes militaires contre l'Iran", a-t-il ajouté alors au cours d'une conférence de presse à Berlin.

Selon le président du American-German Institute, centre de réflexion basé à Washington, l'administration Trump attend peu de la réunion de mardi, lors de laquelle aucune annonce d'investissement majeur n'est anticipée.

"Cela rend inévitable que les attaques américaines et israéliennes en Iran seront encore davantage un point central", a dit Jeff Rathke, un scénario qui pourrait selon lui s'avérer risqué pour le chancelier allemand. Il pourrait être demandé directement à Friedrich Merz "si l'Allemagne soutient ou non les Etats-Unis et si elle fournira un soutien matériel à la campagne américaine si cela venait à lui être demandé", a-t-il ajouté.

Donald Trump est vraisemblablement désireux de discuter avec Friedrich Merz de la visite que celui-ci a effectuée en Chine la semaine passée, avec le désir d'obtenir des informations en amont de son propre déplacement prévu à Pékin dans moins d'un mois, a commenté pour sa part Charles Lichfield, directeur de l'analyse économique au Atlantic Council's GeoEconomics Center.

Le chancelier allemand pourrait rapporter au président américain "ce qu'il a entendu et vu en Chine", a-t-il dit, ajoutant que Donald Trump soulignerait probablement auprès de Friedrich Merz que Washington et Berlin sont "plus forts ensemble" face à Pékin.

(Andrea Shalal et Andreas Rinke à Washington, James Mackenzie à Berlin; version française Jean Terzian)