Trump qualifie de "risible" la proposition de l'UE au Canada et menace d'imposer de nouveaux droits de douane
information fournie par Reuters 17/09/2026 à 10:08

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(Ajout de la réaction de la Commission européenne, de diplomates européens et du contexte aux paragraphes 4 à 5 et 13 à 20)

* La proposition de Mme von der Leyen devrait être approuvée par les États membres de l'UE

* Un ministre français affirme que les États-Unis n'ont pas le pouvoir d'opposer leur veto aux choix géopolitiques de l'UE

* Le Canadien Carney doit s'exprimer devant le Parlement européen à 09h30 GMT

par Charlotte Van Campenhout et Lili Bayer

Le président américain Donald Trump a menacé de prendre des mesures contre l’Union européenne si celle-ci donnait suite à la proposition de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen , visant à faire du Canada le premier membre associé de l’Union .

"S'ils font cela, si j'estime qu'il s'agit d'un acte hostile, j'imposerai des droits de douane très lourds ou je cesserai tout échange commercial avec l'Europe sur de nombreux produits", a déclaré M. Trump aux journalistes alors qu'il se rendait à un événement en Caroline du Nord, qualifiant cette proposition de "risible".

"Si c’est une bonne intention, très bien. Si c’est une mauvaise intention, nous imposerons des droits de douane très lourds à l’Europe", a-t-il ajouté.

La Commission européenne a déclaré que la proposition de Mme von der Leyen — qui doit encore être précisée et devra être approuvée par les États membres de l’UE pour être mise en œuvre — ne constituait pas un acte hostile.

"Comme notre présidente, Mme (von der Leyen), l’a clairement indiqué hier, le renforcement proposé de notre partenariat avec le Canada ne vise personne d’autre, mais sert notre force commune", a déclaré Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne.

TRUMP NE PEUT PAS DÉCIDER À LA PLACE DE L’UE, SELON LA FRANCE

Le ministre français chargé des Affaires européennes, Benjamin Haddad, a déclaré que les États-Unis n’avaient pas le pouvoir d’opposer leur veto aux choix géopolitiques de l’UE.

"Ce n’est pas aux États-Unis — ni à quiconque d’ailleurs — de choisir l’orientation politique et géopolitique des Européens", a-t-il déclaré à la chaîne Public Sénat.

Mme von der Leyen a formulé cette proposition mercredi lors de son discours annuel sur l’état de l’Union, en présence du Premier ministre canadien Mark Carney, alors qu’elle cherchait à renforcer les liens entre les alliés dans ce qu’elle a qualifié de "monde ouvertement hostile".

L'UE est confrontée au risque d'une guerre à ses frontières en raison de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, tandis que l'Union et le Canada sont tous deux aux prises avec des tensions commerciales avec les États-Unis et une Chine de plus en plus affirmée.

CARNEY S'EXPRIMERA À 09H30 GMT

Au début du mois, M. Carney avait déclaré qu’il cherchait à établir une "alliance unique" avec l’UE, les relations entre Ottawa et Washington s’étant détériorées depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, ce qui a entraîné l’imposition de droits de douane sur des dizaines de milliards de dollars d’échanges transfrontaliers.

Carney doit s’adresser au Parlement européen à 11 h 30 (09 h 30 GMT).

On ignore pour l'instant si la proposition de Mme von der Leyen concernant une adhésion en tant que membre associé serait soutenue par les États membres de l'UE ou par le Canada.

"UNE PROPOSITION MALHEUREUSE"?

Un diplomate européen s’est dit surpris mercredi par cette proposition, affirmant que "personne ne sait vraiment ce que cela signifie", et ajoutant que certains craignaient que la présidente de la Commission européenne "ne fasse des promesses excessives qu’elle ne pourra pas tenir". L’UE s’est historiquement opposée à ce type d’alliances souples dépourvues de statut juridique.

Jeudi, un autre diplomate européen a qualifié cette proposition d’"inopportune, qui n’a jamais fait l’objet de discussions avec les États membres".

Un troisième diplomate européen a estimé que la réaction de Trump en disait plus long sur sa vision des relations internationales que sur la proposition de von der Leyen.

"Si cela est qualifié d’acte hostile, cela suggère que les partenariats constituent un jeu à somme nulle, où une coopération plus étroite avec l’un implique une perte de liberté de choix souveraine pour l’autre", a déclaré ce diplomate. "Cela laisse également entendre que les États-Unis considèrent le Canada comme faisant partie de leur sphère d’influence plutôt que comme un acteur indépendant."

Un autre diplomate européen a ajouté: "C’est une bonne chose que nous ayons appris entre-temps à ne pas prendre au sérieux toutes les déclarations du président Trump."